Cuba: Obama DECHAINE LES PASSIONS EN RETIRANT Cuba DE LA LISTE DES PAYS TERRORISTES

Publié le par cubasifranceprovence

Courrier de l'Orénoque

traduction Françoise Lopez

L'exclusion de Cuba de la liste états-unienne des pays qui soutiennent le terrorisme a été une information mondiale. Les principaux médias internationaux hispaniques et de langue anglaise l'ont reprise.

Cuba et les Etats-Unis ont à nouveau accaparé les titres mondiaux ce vendredi à cause du retrait par la Maison Blanche de La Havane de la Liste des pays qui soutiennent le terrorisme. Aussi bien les “mass media” que les personnalités politiques ont réagi avec véhémence à ce nouveau pas historique dans la normalisation des relations entre les 2 nations.

Le New York Times titre :"Les USA retirent Cuba de la Liste des Etats qui soutiennent le terrorisme" alors que le Nuevo Herald de Miami évoque la nouvelle et en plus consacre des titres à l'"exil cubain" qui censure cette exclusion.

ABC d'Espagne consacre aussi une place importante à l'événement et souligne sur sa page web qu'un aspect important de cette mesure est que les Etats-Unis n'auront plus l'obligation de s'opposer à la présence de Cuba dans certains organismes internationaux comme la Banque Mondiale et le fonds Monétaire International.

Pour sa part Cubadebate, le site internet le plus important de l'île publie un article intitulé: "Cuba sort aujourd'hui de la liste terroriste: Un lys dans le Sheridan Circle”.

Selon la journaliste Rosa Miriam Elizalde, cette "mesure met fin à une longue injustice bien qu'elle apparaisse à peine dans les journaux états-uniens du matin".

Déclarations

Cette mesure politique a provoqué les réactions suivantes dans différents milieux aux Etats-Unis:

Cette mesure "reflète le fait que nous avons estimé que Cuba remplit les conditions nécessaires pour que nous prenions cette décision", a déclaré Jeff Rathke, porte-parole du Département d'Etat.

Bien que les Etats-Unis aient d'importantes préoccupations et d'importants désaccords avec une large gamme de politiques et d'actions du gouvernement de Cuba, ceux-ci se situent en dehors des critères importants pour prendre la décision de retirer Cuba de de la Liste des pays qui soutiennent le terrorisme", ajoute Rathke.

Mais pour l'ex gouverneur de Floride et probablement futur candidat à la Maison Blanche Jeb Bush, c'est "une concession unilatérale faite à Cuba", une erreur et il a demandé au Congrès états-unien de maintenir la pression sur La Havane.

"Ni la répression continuelle dans le pays ni les activités de déstabilisation de Cuba à l'étranger ne semblent suffisantes pour que le président (Barack) Obama arrête de faire plus de concessions au régime communiste de La Havane", a dit Bush dans un communiqué après que l'exclusion de Cuba de cette liste soit devenu effective.

"L'information d'aujourd'hui est une preuve de plus que le président Obama semble plus intéressé par le fait de capituler devant nos adversaires que de les affronter. Les leaders d'Iran en ont sans doute pris note", a-t-il ajouté en évoquant l'accord nucléaire qu'est en train de négocier le G5+1 (Etats-Unis, France, Royaume Uni, chine et Russie plus Allemagne) avec Téhéran.

Le président de la Chambre des Représentants des Etats-Unis, le républicain John Boehner, s'est prononcé dans le même sens: "Cette mesure est le dernier exemple de la façon dont cette administration s'est plus focalisée sur le fait de devenir amie avec nos ennemis que sur celui d'aider nos alliés".

"L'administration Obama a donné au régime "des Castro" un gain politique significatif en échange de rien", a assuré Boehner.

Avoir retiré Cuba de la Liste des Pays qui soutiennent le terrorisme est "un pas important" a affirmé un officiel américain à Reuters mais, "dans la pratique, la majorité des restrictions liées aux exportations et au soutien étranger restent en vigueur étant donné l'embargo sur les armes et le commerce".

"L'"embargo" est le grand gorille de 800 livres qui se trouve dans la salle", a déclaré David Schwartz, chef exécutif de l'Association Internationale des Banquiers de Floride. "Avoir retiré la désignation d'Etat qui encourage la "terreur" constitue une aide pour les banques étrangères qui ont des relations avec Cuba et qui ont cette préoccupation."

"Mais, bien que l'administration Obama pousse jusqu'à la limite ce qu'ellepeut faire, pour aller plus loi,ils demandent de lever l'embargo", a-t-il noté.

L'"Exil" cubain se prononce depuis la Floride

Plusieurs groupes de l'exil cubain de Miami ont taxé aujourd'hui d'"illogique", de "précipité" et de "navrante" l'annonce officielle faite par le Gouvernement de l'exclusion de Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme.

Il s'agit d'une décision "très précipitée et arbitraire", si on tient compte de l'incident du bateau nord-coréen qui fut arrêté à Panama en 2013 après qu'on ait découvert lors d'une inspection une cargaison non déclarée et cachée d'armes provenant de Cuba, a dit Pedro Rodriguez, directeur de la Fondation pour les Droits de l'Homme à Cuba.

De l'avis de Rodriguez, le Département d'Etat devrait avoir établi un "délai plus long" d'observation avant de retirer l'île des Caraïbes de cette liste où elle fut inscrite en 1982 pour son soutien au groupe terroriste espagnol ETA et aux guérillas latino-américaines.

"On ne sait rien, nous ne savons pas si Cuba a fait quelque chose pour sortir de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme" a souligné le directeur de cette organisation qui dépend de la Fondation Nationale Cubano-Américaine (FNCA).

Le Directoire Démocratique Cubain réprouve aussi la sortie de Cuba de cette liste. une décision qui, selon les mots de son directeur, Orlando Gutiérrez, ignore la nature d'un régime "basé sur la terreur contre son propre peuple et l'exportation de la violence".

Concrètement, il soutient que Cuba continue à être "associée avec des personnes qui ont commis des actes terroristes aux Etats-Unis et dans d'autres pays".

Il a déclaré que le Gouvernement états-unien était obligé, avant de procéder ainsi, de constater de façon digne de foi que La Havane a rompu ses liens avec d'autres pays qui soutiennent le terrorisme et "remet les auteurs d'actes terroristes aux autorités internationales pour qu'ils soient jugés".

De plus, Cuba devrait cesser d'être un "sanctuaire de terroristes" et cesser la "répression violente contre son propre peuple", des conditions que, de l'avis de Gutierrez, la nation caribéenne ne remplit pas.

Antonio Díaz Sánchez, secrétaire général du Mouvement Chrétien de Libération (MCL) a abondé dans le même sens. Il a considéré que ceux que les Etats-Unis prétendent faire , c'est "étendre un voile de sainteté sur une tyrannie qui a augmenté sa répression" contre l'opposition intérieure.

"Si le fait qu'une foule entre dans la maison d'un opposant et lui crie dessus, le frappe et le menace n'est pas considéré comme du terrorisme ni même comme la répression d'un peuple" alors, note-t-il, "ils peuvent exclure cuba de la liste" mais ensuite, les Etats-Unis devront inclure l'île dans la liste des "pays qui répriment leur peuple" et ça, ils ne l'ont pas fait, a assuré Sanchez.

Le directeur du Mouvement Démocratie, Ramón Saúl Sánchez, a manifesté une position moins critique mais a demandé au Gouvernement cubain une contrepartie claire: son engagement à "rompre totalement ses liens avec les groupes qui soutiennent le terrorisme et retirer l'épithète de terroriste qu'il utilise contre les Cubains qui sont en désaccord avec sa politique".

Aussi implacable a été Pedro López, président du Parti Libéral Cubain (PLC) qui a qualifié de "navrante" la décision des Etats-Unis car, dit-il "rien n'a changé dans la nature du régime castriste" qui, à son avis, continue à protéger et à donner refuge à "tous les mouvements terroristes du monde actuellement".

Les gouvernements des Etats-Unis et de Cuba ont annoncé en décembre 2014 un accord pour rétablir leurs relations après plus de 50 ans d'antagonisme.

Le pas fait par le Département d'Etat nivelle, sans doute, le chemin vers l'ouverture d'ambassades à La Havane et à Washington.

F/The New York Times, The Guardian, El Nuevo Herald, EFE – Traducción Ana Maneiro

source en espagnol:

http://www.correodelorinoco.gob.ve/politica/obama-desata-pasiones-encontradas-al-sacar-a-cuba-lista-paises-terroristas/

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