Equateur: LA NOUVELLE VIEILLE DROITE, LE NOUVEAU VIEIL IMPERIALISME

Publié le par cubasifranceprovence

Resumen Latinoamericano y del Tercer Mundo

traduction Françoise Lopez

Ces dernières années, le Département d'Etat des Etats-Unis a fait des changements dans sa politique envers ce qu'il considère comme son "arrière-cour". Devant l'émergence et la consolidation d'une nouvelle carte géopolitique influencée par le projet stratégique de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) - de sens clairement anti-impérialiste - les Etats-Unis ont mis en marche une controffensive basée sur les mêmes acteurs de droite avec de nouvelles tactiques.

Il s'agit de la guerre non conventionnelle essentiellement caractérisée par la bataille des idées. Cela suppose, en premier lieu, de rendre invisibles les triomphes populaires - en particulier dans les organismes d'intégration - et les concepts qui incarnent ces avancées.

En second lieu, cela implique la construction d'un plan d'action caractérisé par l'offensive politique permanente dans lequel les gouvernements de l'ALBA sont présentés tous les jours comme des agresseurs des droits de l'homme, en particulier de la participation politique, de la liberté d'expression et du bien-être économique. De cette façon, paradoxalement, les gouvernements qui impulsent des politiques d'élargissement de droits inédits dans leur pays sont accusés "d'opprimer leur peuple" qui encore et encore les soutient par leur vote et leur mobilisation.

Dans ce schéma, comme cela a été fait au Venezuela, en Bolivie et en Equateur (le 30S), des secteurs de droite promeuvent des mobilisations de rue "pour la démocratie", en s'identifiant souvent avec les formes traditionnelles de protestations des secteurs populaires. Leur but est aussi vieux que la lutte des classes: présenter l'intérêt particulier des secteurs dominants comme si c'étaient l'intérêt général de la société.

Pour cela, il ont le soutien inestimable des médias privés - locaux et internationaux - des ONG financées par des agences nord-américaines et européennes et, en dernier lieu, de tout le pouvoir de la "diplomatie" des Etats impériaux.

Une donnée significative est le moment choisi pour provoquer des actions de rue: la semaine même où se déroule le Sommet entre la CELAC - présidée par Rafael Correa lui-même - et l'Union européenne qui a eu lieu à Bruxelles, Belgique, du 8 au 11juin.

Ce mouvement de longue portée impulsé par les Etats-Unis ne passe pas inaperçu par les gouvernements de gauche de la région. Avant d'arriver en Equateur, Correa a assuré que "il ne s'agit pas d'abroger la Loi sur les successions mais de faire tomber le Gouvernement." Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a immédiatement soutenu le gouvernement équatorien et situé cette offensive dans un cadre général: "Les idées de changement dans le monde viennent maintenant d'Amérique Latine ", c'est pourquoi on cherche à la déstabiliser.

Le communiqué du gouvernement de Cuba met l'accent sur le fond du problème: "Des groupes de l'oligarchie, soutenus dans les médias, sur les réseaux sociaux d'internet et dans la grande presse transnationale prétendent discréditer le gouvernement légitimement constitué, provoquer une crise et déchaîner la violence dans un pays stable et pacifique", déclare le texte diffusé le 15 juin.

"Ces faits semblent répéter le même scénario de déstabilisation appliqué contre d'autres gouvernements progressistes de la région", a-t-il ajouté en condamnant "toute ingérence dans les affaires intérieures de ce pays conformément à ce que stipule la Proclamation de l'Amérique Latine et des Caraïbes comme Zone de Paix".

Précisément, ce sont les thèmes clefs qui sous-tendent l'épisode ponctuel discuté en ce moment. Serait-ce qu'une région de paix, intégrée et se dirigeant vers un modèle de plus grande souveraineté ne conviendrait pas à tout le monde? Serait-ce que les Etats-Unis prépareraient des scénarios de confrontation et de chaos social comme élément nécessaire pour garantir le contrôle des richesses naturelles de ce territoire? Serait-ce que, dans ces scénarios, les peuples d'Amérique Latine et des Caraïbes auraient la capacité de continuer à construire l'unité et à disputer le pouvoir aux oligarchies et aux groupes économiques qui le détiennent?

Des questions qui traversent et marqueront l'étape politique dans laquelle nous vivons, à la chaleur de renaître du songe de la Grande Patrie. Avec ses réponses inévitables, ses marches et ses tentatives de contre-marches.

Source en espagnol:

http://www.resumenlatinoamericano.org/2015/06/19/ecuador-y-la-nueva-ofensiva-de-la-derecha/

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