Cuba/USA: Déclaration de Barack Obama sur le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba

Publié le par cubasifranceprovence

traduction Françoise Lopez

Bonjour à tous. S'il vous plaît, asseyez-vous.

Il y a plus de 54 ans, au milieu de la guerre froide, les Etats-Unis ont fermé leur ambassade à La Havane. Aujourd'hui, je peux annoncer que les Etats-Unis ont décidé de rétablir officiellement leurs relations diplomatiques avec la République de Cuba et de rouvrir des ambassades dans nos pays respectifs. Il s'agit d'un pas historique dans nos efforts pour normaliser les relations avec le gouvernement et le peuple cubain et ouvrir un nouveau chapitre avec nos voisins des Amériques.

Quand les Etats-Unis ont fermé notre ambassade en 1961, je crois quepersonne n'a pensé qu'il se passerait plus d'un demi-siècle avant qu'elle ne rouvre. Après tout, nos nations n'étaient séparés que par 90 milles et il y a des liens très étroits de familles et d'amis entre nos peuples. Mais il y a eu des différends très importants et réels entre nos gouvernements et plusieurs fois nous nous sommes laissés prendre par une certaine façon de faire les choses.

Pour les Etats-Unis, cela a signifié s'obstiner dans une politique qui ne fonctionnait pas. Au lieu de soutenir la démocratie et les opportunités pour le peuple cubain, au fil du temps nos efforts pour isoler Cuba malgré nos bonnes intentions, ont eu un effet opposé - cimentant le statut quo et isolant les Etats-Unis de nos voisins de cet hémisphère. Le progrès que nous obtenons aujourd'hui est une preuve de plus que nous ne devons pas être prisonniers du passé. Quand quelque chose ne fonctionne pas, nous pouvons le changer et nous le changerons.

En décembre dernier, j'ai annoncé que les Etats-Unis avaient décidé de prendre des mesures pour normaliser nos relations. Dans le cadre de cet effort, le Président Raúl Castro et moi-même avons demandé à nos équipes de négocier le rétablissement des ambassades. Depuis lors, notre Département d'Etat a travaillé dur avec ses homologues à Cuba pour atteindre cet objectif. Et ensuite, cet été, le Secrétaire Kerry se rendra à La Havane pour hisser officiellement et avec fierté le drapeau états-unien sur l'ambassade une fois de plus.

Cet acte n'est pas seulement symbolique. Avec ce changement, nous pouvons augmenter considérablement nos contacts avec le peuple cubain. Nous aurons plus de personnel à notre ambassade et nos diplomates pourront participer de manière plus large dans toute l'île. Cela comprendra le gouvernement cubain, la société civile et les citoyens cubains qui cherchent une vie meilleure.

A propos des thèmes d'intérêt commun comme l'anti-terrorisme, la réponse aux catastrophes et le développement, nous trouverons de nouvelles façons de coopérer avec Cuba. Et j'ai dit clairement que nous continuerons à avoir des différents très sérieux qui incluent le soutien durable des Etats-Unis aux valeurs universelles comme la liberté d'expression et d'association et l'accès à l'information. Et nous n'hésiterons pas à protester quand nous verrons qu'on agit contrairement à ces valeurs.

Cependant, je crois fermement que la meilleure façon pour les Etats-Unis de soutenir nos valeurs se trouve dans l'engagement. A cause de cela, nous avons déjà pris des mesures pour permettre plus de voyages, de contact entre les personnels et de relations commerciales entre les Etats-Unis et Cuba. Et nous continuerons d'aller de l'avant d'ici.

Depuis décembre, nous avons déjà vu beaucoup d'enthousiasme pour ce nouveau point de vue. Des leaders, à travers les Amériques, ont manifesté leur soutien au changement de notre politique, nous l'avons entendu hier quand la Présidente Dilma Rou­sseff l'a exprimé. Les enquêtes d'opinion publique dans les 2 pays révèlent beaucoup de soutien pour cet engagement. Un Cubain a dit: "j'ai été préparé à cela toute am vie". Et un autre a dit: "c'est comme une bouffée d'oxygène". Une institutrice cubaine a dit simplement: "nous sommes voisins. Maintenant, nous pouvons être amis."

Ici aux Etats-Unis, nous avons vu le même enthousiasme. Il y a des Etats-uniens qui veulent se rendre à Cuba et des entreprises qui veulent investir à Cuba.

Des universités des Etats-Unis qui veulent s'associer avec Cuba. Avant tout, il y a des Etats-uniens qui veulent arriver à connaître leurs voisins du sud. Et par cet engagement, nous pourrons aussi aider le peuple cubain à améliorer sa propre vie. Un cubano-américain avait l'espoir de "réunir les familles et d'ouvrir des voie de communication". Un autre a dit simplement: "l'avenir de Cuba ne peut pas continuer à être arrêté par ce qui s'est produit dans le passé".

Et il s'agit de cela: un choix entre l'avenir et le passé.

Les Etats-uniens et les Cubains sont également prêts à avancer. Je considère qu'il est temps que le Congrès fasse de même. J'ai demandé au Congrès de prendre des mesures pour lever l'embargo qui empêche les Etats-uniens de faire des affaires avec Cuba. Et nous avons vu que des membres des 2 partis ont commencé ce travail. A la fin, pourquoi Washington irait-il s'opposer à la volonté de son propre peuple?

Oui, ce sont ceux qui veulent faire marcher les réveils à l'envers et recommencer une politique d'isolement. Mais il est plus que temps que nous nous rendions compte que ce point de vue ne fonctionne pas. Il n'a pas fonctionné pendant 50 ans. Il ferme les portes de l'avenir de Cuba aux Etats-Unis et ne fait que rendre plus difficile la vie du peuple cubain.

Alors, j'aimerais dire au Congrès d'écouter le peuple cubain. D'écouter le peuple états-unien. D'écouter les mots d'un cubano-américain fier, Carlos Gutiérrez, qui a parlé récemment contre la politique du passé en disant: "Je me demande si les Cubains qui doivent faire la queue pendant des heures sous le soleil ardent de La Havane pour satisfaire leurs besoins les plus basiques sentent que ce point de vue les aide".

Bien sûr, personne n'attend que Cuba se transforme du matin au soir. Mais je crois que l'engagement états-unien - par notre ambassade, nos entreprises et avant tout, par notre peuple - est la meilleure façon de représenter nos intérêts et de soutenir la démocratie et les droits de l'homme. Une fois ou l'autre, les Etats-Unis ont démontré qu'une partie de notre rayonnement dans le monde est basé sur notre capacité à changer. C'est ce qui permet au monde de s'améliorer.

Il y a un an, il aurait peut-être semblé impossible que les Etats-Unis aient une fois de plus son drapeau et ses étoiles volant au-dessus de l'ambassade à La Havane. C'est ça, le changement.

En janvier 1961, l'année où je suis né, quand le Président Eisen­ho­wer a annoncé la fin de nos relations avec Cuba, il a dit: "J'espère et je suis confiant dans le fait que dans un avenir pas très éloigné, il soit possible que l'amitié historique entre nous trouve son reflet dans des relations normales de toutes sortes". Bon, j'ai pris le temps mais je considère que l'heure est venue. Et que nous attend un avenir meilleur.

Merci beaucoup. Je veux remercier ceux de mon équipe qui ont travaillé avec diligence pour que cela arrive. Ils sont ici. On ne les reconnaît pas toujours. Nous sommes très fiers d'eux. Bon travail.

Source en espagnol:

http://www.granma.cu/relaciones-diplomaticas-cuba-eeuu/2015-07-01/declaraciones-del-presidente-de-los-estados-unidos-sobre-el-restablecimiento-de-las-relaciones-diplomaticas-con-cuba

URL d ecet article:

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