Equateur: Correa avertit que le pays affronte un "coup d'Etat doux" et appelle le peuple à rester dans la rue

Publié le par cubasifranceprovence

traduction Françoise Lopez

Resumen Latinoamericano 2 juillet 2015.- Le président de l'Equateur, Rafael Correa affronte la quatrième semaine de mobilisations. Aux marches de citoyens qui ont été organisées depuis début juin pour protester contre les projets de loi pour taxer les successions et les plus-values extraordinaires sur la vente de propriétés se sont joints des hommes politiques de droite comme Jaime Nebot, maire de Guayaquil, ou l'ex candidat à la présidence Guillermo Lasso. Pour calmer les esprits, le retrait temporaire des projets de loi par Correa n'a pas été suffisant, ni l'appel au dialogue national promu depuis Carondelet (siège du gouvernement). L'opposition veut maintenant la démission du président.

3 marches de l'opposition et une concentration en faveur du Gouvernement à Quito.

Les marches de l'opposition sont partis jeudi de l'Hôpital Carlos Andrade Marin et de la Caisse de Sécurité et elles ont reflué vers le même endroit, la Place de San Francisco, dans le centre historique, cernée par des centaines de policiers.

A l'hôpital se sont rassemblés à partir de 15 h les médecins regroupés dans la Fédération de Pichincha. Avec des pancartes sur lesquelles on lisait des messages contre la création de l'Agence de Qualité des Services de Santé à travers le décret 703, les médecins, infirmiers et travailleurs du secteur de la santé ont rejoint à la hauteur de la Caisse de Sécurité Sociale la marche organisée par les syndicats de travailleurs, d'indigènes et de mouvements sociaux à laquelle s'étaient également joints des lycéens et des étudiants, des retraités, des parents d'élèves du Collège Mejia, des citoyens et des femmes au foyer pour protester contre le Régime.

Mesías Tatamuez, porte-parole des travailleurs, a demandé au Gouvernement du président Rafael Correa de "cesser de les diaboliser" parce, a-t-il insisté, "cette marche est une marche pacifique et non putschiste comme ils ont essayé de nous discréditer et de créer la peur dans la population".

Pour cela, Tatamuez a demandé aux policiers de les accompagner pendant tout le parcours de la marche, d'être vigilants devant de possibles infiltrés qui provoquent le chaos pour les rendre responsables d'excès.

"Avec les marches, nous ne boycottons pas la venue du pape François, au contraire, nous voulons que le pape arrive au pays et sente ce qui se passe".

Malgré l'annonce que ce jeudi serait fixée la date de la grève nationale, les représentants des organisations sociales ont dit que la date serait connue dans les prochains jours.

A 17 h, au Parc El Arbolito se sont rassemblés ceux qui avaient été convoqués par le parlementaire Andrés Páez, portant des chemisettes et des drapeaux noirs et lançant des slogans: "Dehors Correa, dehors!"

A la même heure, sur l'avenue de Los Shyris, l'endroit où l'opposition s'est réunie pendant 3 semaines consécutives, la même phrase commençait à être entendue.

Pendant ce temps, sur la Grande Place, au pied du Carondelet, à 15 h ont commencé à arriver des sympathisants du parti au pouvoir venus de plusieurs provinces du pays avec des chemisettes et des drapeaux de la couleur du mouvement au Gouvernement.

Le président Rafael Correa, du balcon du Palais du Gouvernement, a remercié les sympathisants pour leur présence et dans un discours, a dit que si les opposants veulent la présidence, que ce soit par les urnes. "Nous devons être attentifs, cela continuera jusqu'en 2017, ce qu'ils veulent éviter, c'est la réélection."

Ensuite, sur son compte Twitter, il a écrit: "La Grande Place pleine: merci, Quito, merci l'Equateur! Nous sommes plus, beaucoup plus! Rodas, Carrasco et Nebot réunis à Guayaquil planifient une grande marche à Quito. Quelle pitié! Nous vaincrons! Je regrette qu'à la veille de la visite du pape, le pays soit troublé mais vous savez d'où viennent les troubles".

Ces mobilisations ont été qualifiées par le Gouvernement de "coup d'Etat doux". Dans la soirée de mercredi, à la veille des concentrations, les ministres de l'Intérieur et des Affaires Etrangères ont convoqué les médias pour parler de ce qu'ils ont appelé des tentatives de déstabilisation de la démocratie. José Serrano, ministre de l'Intérieur, a assuré qu'il y a une conspiration en marche dont le but est de prendre Carondelet. Selon les données du Renseignement, il y aurait des directives pour encourager les manifestants à utiliser des bâtons avec des pointes pour détruire les boucliers des policiers, des bombes de peinture pour aveugler les policiers et du poivre pour incommoder les chiens et les chevaux qui les accompagnent.

Le rapport présenté par l'Intérieur assure que si les "putschistes" ( qu'il a signalés par leur nom et leur prénom) n'arrivent pas à prendre le pouvoir, ils ont prévu de prendre es aéroports de Quito et de Guayaquil et de bloquer les frontières pour créer "au moins le chaos dans le pays" et obtenir que le pape François annule sa venue prévue pour le 5 juillet. Parmi les personnes mentionnées se trouvent la parlementaire de Pachakutik, Lourdes Tibán, qui a réfuté ces accusations. "Nous ne voulons pas une paix temporaire seulement parce que le pape vient, nous voulons un Equateur de paix et de libertés", a-t-elle dit.

Le ministre des Affaires Etrangères, Ricardo Patiño, a aussi parlé du danger que court la démocratie et a présenté 3 représentants du Comité des Victimes des Guarimbas et du Coup d'Etat Permanent au Venezuela, qui ont parlé des similitudes entre la situation actuelle de l'Equateur avec ce qui se passe au Venezuela.

A la suite de cela, le président Rafael Correa a posté un message sur les réseaux sociaux : "Les tensions puissent-elles baisser cette semaine. Pour cela, nous avons suspendu même une action de masse que nous devions organiser à Shyris. Malheureusement, nous avons des indices clairs que les putschistes vont tenter de prendre Carondelet (…) Nous, remplissons la Grande Place à 16 h avec de la musique et de la joie, pacifiques mais fermes. Nous sommes plus, beaucoup plus! (...) Ils cherchent au moins à nous maintenir dans des affrontements permanents comme ils l'ont fait au Venezuela. Ils n'y arriveront pas".

Autour du Gouvernement s'est formé le Front Uni qui réunit plusieurs organisations sociales attachées au corréisme. Avec lui, sortiront dans la rue les partisans d' Alianza País avec à sa tête, sa secrétaire exécutive et ex ministre d'Etat qui a justifié la marche des partisans du gouvernement à la télévision publique: "Nous voulons dire au peuple que cela nous gêne de continuer les mobilisations mais nous devons le faire pour arrêter les putschistes".

Source en espagnol:

http://www.resumenlatinoamericano.org/2015/07/02/rafael-correa-dice-que-ecuador-enfrenta-un-golpe-de-estado-blando/

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