L'Amérique Latine, Cuba et les attaques de la droite

Publié le par cubasifranceprovence

L'Amérique Latine, Cuba et les attaques de la droite

par Omar Pérez Salomón (La pupila insomne)

traduction Françoise Lopez

La disparition de l'URSS et du camp socialiste en Europe de l'Est au début des années 90 a provoqué une énorme confusion et une énorme désorientation dans la gauche latino-américaine et une euphorie malicieuse de la droite internationale dirigée par le complexe militaro-industriel qui a déclaré le fin définitive du socialisme et le triomphe total du capitalisme sur tout type de modèle alternatif de développement social.

La résistance des révolutionnaires cubains et l'apparition de gouvernements progressistes à partir de la fin de la dernière décennie du XX° siècle, dirigés par des figures de l'importance d'Hugo Chavez, de Nestor Kirchner, d'Evo Morales et de Rafael Correa, pour n'en citer que quelques-uns, a permis un dépassement du traumatisme que cet événement a représenté.

Les avancées des programmes sociaux ces dernières années au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Brésil et dans d'autres pays de la région, a entraîne comme conséquence l'offensive actuelle de la droite et de l'oligarchie latino-américaine, organisée et conduite par les forces du pouvoir de l'impérialisme états-unien. La guerre économique et les actions subversives contre le Venezuela, les manifestations d'opposants dans les rues de Quito, les tentatives pour éjecter le gouvernement de la présidente brésilienne, les pressions financières sur l'Argentine et les tentatives de grêve des transports publics au Salvador sont des preuves de ces attaques.

Je crois que Cuba est aussi en ligne de mire de cette offensive mais ils savent que les projectiles utilisés doivent être d'un autre type. Les centres d'études et de recherches et les services spéciaux de l'empire savent que dans la plus grande des Antilles, la grande majorité de la population défend le projet révolutionnaire et le socialisme. Comment alors briser la résistance et changer le système politique cubain s'il n'existe pas d'opposition interne qui leur rende ce service? Ils ont opté pour changer les méthodes, les tactiques et les techniques. L'actuel locataire de la Maison Blanche a le feu vert des centres de pouvoir de l'impérialisme pour appliquer ce plan, en fin de compte, l'objectif continue d'être le même, détruire la Révolution.

Le 12 janvier 2009, Hillary Clinton, l'ex Secrétaire d'Etat, a assuré dans une déclaration envoyée au sénateur Richard Lugar, "que le gouvernement d' Obama a prévu de faire une révision complète de la politique états-unienne envers Cuba et de travailler avec des membres du comité et d'autres membres du Congrès pour déterminer les pas adéquats pour aider à faire avancer les intérêts et les valeurs des Etats-Unis dans le contexte des relations avec Cuba.

Plus clair, même pas l'eau. Nous, les révolutionnaires cubains, ne devons pas tomber dans la tentation de nous renier nous-mêmes dans les nouveaux scénarios mais réaffirmer bien plus les principes avec l'application desquels nous devons être intransigeants et fermes comme l'anti-impérialisme, la solidarité, la souveraineté, la justice et l'égalité.

Ceux qui avec une ingénuité inouïe croient que Cuba et les Etats-Unis ne sont plus des ennemis ni des rivaux mais des voisins, je rappelle ce que disait le père de la patrie, Carlos Manuel de Céspedes en 1870:(…)

"Pour celui qui respecte les Etats-Unis, je me serai peut-être trompé mais à mon avis, leur gouvernement, ce à quoi il aspire, c'est de s'approprier Cuba sans complications dangereuses pour leur nation et en attendant, qu'elle ne sorte pas de la domination de l'Espagne, même pour se constituer en pouvoir indépendant. C'est le secret de leur politique et je crains fort que quand ils agissent et proposent, ce soit pour nous amuser et que nous ne cherchions pas d'autres amis plus efficaces et désintéressés".1

Et ce que disait le leader de la Révolution Cubaine, Fidel Castro:

"Je n'ai pas confiance dans la politique des Etats-Unis et je n'ai pas échangé un mot avec eux sans que cela signifie, ni plus ni moins, le rejet d'une solution pacifique des conflits et des dangers de guerre. Défendre la paix est le devoir de tous. Toute solution pacifique et négociée des problèmes entre les Etats-Unis et les peuples ou n'importe quel peuple d'Amérique Latine qui n'implique ni la force ni l'utilisation de la force, devra être traitée selon les principes et les normes internationaux. Nous défendrons toujours la coopération et l'amitié avec tous les peuples du monde y compris ceux de nos adversaires politiques. C'est ce que nous réclamons pour tous"2 (...).

Le défi historique de la gauche est et sera l'anéantissement du capitalisme et la construction d'un monde meilleur, non soumis à l'hégémonie impérialiste. Renier cela ou l'assumer à moitié, c'est seulement faire le travail le plus facile auquel ils n'ont pas renoncé et ne renonceront jamais, à leurs prétentions de domination.

NOTES:

1Extrait du livre d' Abel Enrique González Santamaría: “La gran estrategia”, Editorial Capitán San Luis, La Habana, 2013, p.106.

2Fidel Castro: “Para mis compañeros de la Federación Estudiantil Universitaria”. www.cubadebate.cu, 26 de enero de 2015.

Source en espagnol:

https://lapupilainsomne.wordpress.com/2015/08/22/america-latina-cuba-y-la-embestida-de-la-derecha/#more-50881

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