Equateur: Il y a 6 ans, l'Equateur expulsait les Etats-Unis de la base de Manta

Publié le par cubasifranceprovence

par Gabriela Toro

traduction Françoise Lopez

Caracas, 18 Sep. AVN.- Il y a 6 ans, le 18 septembre 2009, l'Equateur a réaffirmé sa souveraineté face aux prétentions impérialistes états-uniennes qui s'étaient appropriée la Base Militaire de Manta en vertu d'un accord signé en 1998, pendant le Gouvernement de Jamil Mahuad (1998-2000), par lequel, de plus, étaient violées toutes les lois de la nation sud-américaine.

La Base Militaire de Manta ou Base Militaire Eloy Alfaro, inaugurée par les forces Aériennes Equatoriennes le 28 octobre 1978, fonctionnait dans une zone proche de l'aéroport international du même nom dans la ville de Manta et est aussi connu comme Aile de Combat numéro 23.

Depuis 1999 et pendant 10 ans, par un accord inter-gouvernemental, l'utilisation aussi bien que l'accès à la piste et une partie de la Base de Manta furent cédés aux forces aériennes du Gouvernement des Etats-Unis sous prétexte de lutter contre le trafic de drogues dans le nord-est de l'Amérique du Sud.

Manta servirait de base d'opérations pour le Plan Colombia, un accord signé entre la Colombie et les Etats-Unis qui fut présenté en 1998 par le président colombien Andrés Pastrana comme un programme de développement économique sans drogues dont l'intention réelle était l'installation de forces états-uniennes en Colombie.

L'accord entre l'Equateur et les Etats-Unis - intitulé Accord d'Ortíz pour avoir été signé par le chancelier équatorien du gouvernement de Mahuad, Benjamín Ortíz - entra en vigueur le 12 novembre 1999 malgré le rejet de divers secteurs qui le considéraient comme un risque pour la souveraineté à cause de la présence de militaires étrangers sur le territoire.

Ensuite, pendant le mandat du président Gustavo Noboa (2000-2003), l'accord fut ratifié et élargi pour remettre, en plus de la base aérienne, le port naval de Manta et des installations en relation avec la base ou son voisinage, gratuitement.

En plus de cela, la souveraineté sur l'espace aérien équatorien fut cédée et on a autorisé le survol du territoire du pays. De plus,tous les bateaux états-uniens recevaient le même traitement que ceux qui appartenaient aux Forces Armées de l'Equateur dans le sports maritimes du pays.

L'établissement d'une station de satellite pour la réception et l'émission de télécommunications fut aussi consenti, sans inspections, sans licences, sans régulations, sans droits, sans impôts directs ou indirects, sans charges ni droits de douanes touchés par l'Equateur. On a aussi offert l'immunité au personnel qui opérait dans le cadre de cet accord et à leur famille qui, au cas où ils auraient été arrêtes par les autorités équatoriennes, devaient être immédiatement remis aux officiels états-uniens.

De même, les Etats-uniens qui travaillaient sur la base pouvaient entrer et sortir du pays avec des papiers des Etats-Unis sans payer d'impôts et en payant beaucoup moins de taxes sur les revenus reçus, les propriétés, la possession, l'usage ou la cession, sur les biens en Equateur liés à leur présence.

Une décision souveraine

La signature de l'Accord d'Ortiz et sa mise en marche souffraient de nullité juridique car la Constitution de l'Equateur stipule expressément qu'il revient au Congrès National d'approuver les traités internationaux et celui-ci ne fut jamais discuté ni approuvé par le Congrès.

De plus, en aucun cas la Constitution de l'Equateur ne donne la faculté au chancelier de la République de disposer de la souveraineté du pays, de déterminer les politiques de défense nationale, de céder la souveraineté de l'espace aérien et les ports du pays, de privilégier les citoyens étranger et de renoncer aux Droits de l'Homme ou aux biens de la nation.

Devant cette situation, le Gouvernement présidé par Rafael Correa, à partir de 2007, a décidé de ne pas renouveler l'accord avec les Etats-Unis et les forces états-uniennes se sont vues obligées de quitter enfin les installations le 18 septembre 2009, indiquant clairement que les griffes impérialistes ne contrôlaient pas l'Equateur.

Le Gouvernement de Correa rétablit également l'ordre à Manto où à cause de l'installation de l'Armée des Etats-Unis, une croissance vertigineuse de l'exploitation sexuelle des femmes et des fillettes ainsi que du trafic de drogues et de la traite de personnes, entre autres délits, a été mise en évidence.

Le leader de la Révolution Bolivarienne, Hugo Chavez, déclara en 2010 que "l'empire yankee ne pardonnera jamais à Rafael Correa de les avoir fait quitter Manta et d'avoir commencé la Révolution Citoyenne. Depuis lors, ils ont essayé de déstabiliser ce pays sud-américain. Une preuve en a été la tentative de coup d'Etat du 30 septembre 2010 contre Correa. Cependant, le peuple équatorien est sorti pour défendre sa souveraineté.

A cette occasion, Chavez a déclaré: "Vive le peuple et vive l'Armée d'Equateur! Parce que la bourgeoisie équatorienne a essayé, sous la pression des Yankees, de faire que les militaires s'abstiennent comme cela est arrivé ici (au Venezuela) le 11 avril 2002".

Source en espagnol:

http://www.avn.info.ve/node/320764

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