Cuba: La promesse de la Moncada a été tenue

Publié le par cubasifranceprovence

Dans l’après-midi du vendredi 14 1960, le Conseil des ministres adopta la Loi de Réforme urbaine et la Loi sur les terrains vacants et les résidences secondaires.

Auteur: Eugenio Suarez Pérez et A | informacion@granma.cu

23 octobre 2015 15:10:50

LES 13 et 14 octobre 1960 eut lieu une réunion historique du Conseil des ministres, au cours de laquelle des lois importantes furent adoptées. Après la signature des lois N° 890 et N° 891, à 1h45, la réunion fut levée pour reprendre quelques heures plus tard.

Dans l’après-midi du vendredi 14, le Conseil des ministres poursuivit sa session où furent adoptées la Loi de Réforme urbaine et la Loi sur les terrains vacants et les résidences secondaires.

L’IMPORTANCE DE LA LOI DE RÉFORME URBAINE

Par la signature de la Loi de Réforme urbaine, le gouvernement révolutionnaire déclarait, face au peuple cubain et au monde, que la Révolution cubaine avait exécuté le programme de la Moncada, énoncé dans L’Histoire m’acquittera – formulé en six points – qui reprenaient les principaux problèmes de la nation, vers lesquels tous les efforts seraient déployés après la conquête des libertés publiques et de la démocratie politique, à savoir le problème la terre, l’industrialisation, le logement, le chômage, l’éducation et la santé du peuple.

Au cours de l’émission spéciale « Face à la presse », l’après-midi du 15 octobre, faisant référence à la signification et à l’essence de cette Loi, adoptée 22 mois après le triomphe de la Révolution, Fidel déclara : « La Loi de la Réforme urbaine fut élaborée dès l’époque de [l’attaque de la caserne] Moncada. En outre, c’est l’unique point qui manquait à ce Programme. Elle date donc de cette époque. [...] Le principe fondamental de cette Loi était que les locataires deviennent propriétaires de leur maison. Pourquoi ? Parce que le locataire paie en fait pendant environ 15, 20, 25 ans... il y a des familles qui payent leur maison depuis 30 ans. Ils l’ont payée pratiquement plusieurs fois. Ils ne sont jamais propriétaires de leur maison. »[1]

Dans son long exposé, Fidel qualifia ces journées d’octobre d’historiques, puisque le programme de la Moncada avait été accompli, qui fut, dit-il, « le document qui guida la conduite du Gouvernement révolutionnaire et le document qui guide, ou les principes qui guident, la conduite du Gouvernement révolutionnaire en ce moment ».

Coïncidence symbolique, ce 14 octobre, la Commission nationale sur l’alphabétisation fut constituée. Elle serait chargée d’orienter la campagne d’alphabétisation de la République, afin d’éradiquer l’analphabétisme à Cuba au cours de l’année 1961. Ce fut l’une des principales batailles livrées en 1961.

LE NOUVEAU PROGRAMME DE LA RÉVOLUTION

Ce samedi 15 octobre, quelques instants avant d’expliquer l’importance de la Loi de Réforme urbaine, Fidel souligna qu’en réponse à l’escalade des actions du gouvernement des États-Unis perpétrées contre notre peuple, Cuba et sa Révolution vivaient des moments décisifs qui exigeaient un grand effort, car deux questions étaient en jeu : les rêves du peuple cubain et le rêve des ennemis de la Révolution.

« Les premiers, dit-il, veulent voir leurs idéaux aboutir ; les seconds, voir la Révolution anéantie ».

Avec l’adoption des lois, a-t-il déclaré, une étape décisive et fondamentale de la Révolution s’achève et à partir de maintenant, débute une nouvelle phase. Le gouvernement révolutionnaire avait accompli le Programme de la Moncada, et dans divers points, l’avaient dépassé.

Le leader de la Révolution annonça au peuple que dès lors, un autre document historique guiderait la Révolution, et déclara : « Nous entrons dans une nouvelle étape, les méthodes sont différentes, nos principes sont aujourd’hui résumés dans la Déclaration de La Havane ». [2]

Une fois achevée l’étape démocratique populaire, agraire et anti-impérialiste de la Révolution, à partir du 15 octobre 1960, la Déclaration de La Havane, adoptée par le peuple cubain quelques semaines plus tôt, le 2 septembre 1960, devint le programme de lutte de la Révolution cubaine.

La Déclaration de La Havane fut, sans aucun doute, le prélude de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution, le 16 avril 1961. Fidel le confirma dans un article écrit en septembre 1961 pour le premier numéro de la revue Cuba Socialista, « La Révolution n’est pas devenue socialiste ce jour-là. Elle était socialiste dans sa volonté et définie dans ses aspirations, quand le peuple énonça la Déclaration de La Havane ». •

[1] Revolucion, 17 octobre 1960, La Havane, p. 10.

[2] Ibidem.

http://fr.granma.cu/cuba/2015-10-23/la-promesse-de-la-moncada-a-ete-tenue