Cuba: Le blocus empêche les relations avec les Etats-Unis d'avancer

Publié le par cubasifranceprovence

traduction Françoise Lopez

Par: Ismael Francisco, José Raúl Concepción Llanes

Lors d'une conférence sur les conséquences du blocus économique des Etats-Unis envers Cuba qui s'est déroulée aujourd'hui, de hauts dirigeants de l'Ile ont débattu des obstacles qui continuent à être imposés malgré le rétablissement des relations diplomatiques.

A cet événement ont participé Orlando Hernández Guillén, président de la Chambre de Commerce de Cuba; Ana Teresa Igarza Martínez, directrice générale de la Zone Spéciale de Développement de Mariel, María del Carmen Orellana, directrice générale de Mercadotecnia du Ministère du Tourisme et Iván Ricardo Chacón, directeur des relations internationales du Ministère des Transports.

Les spécialistes sont tombés d'accord sur le fait que les Etats-Unis sont le marché naturel de Cuba, par conséquent, le blocus unilatéral affecte les deux pays et en plus, ils ont souligné les injustices qui continuent à être commises étant donné le caractère extra-territorial des sanctions.

La conférence a été diffusée en direct par la chaîne YouTube du Ministère des Relations Extérieures et a été suivie par les réseaux sociaux. Les intervenants ont répondu aux questions de al presse nationale et internationale et par des usagers qui ont fait part de leurs doutes par internet.

Une autre des prémisses a été que les relations économiques entre Cuba et les Etats-Unis n'avanceront pas de façon significative tant que le pays du nord n'aura pas levé définitivement le blocus.

Les dégâts du blocus

Orlando Hernández Guillén, président de la Chambre de Commerce de Cuba:

Dans la période 2014-2015, les dégâts du blocus se montent déjà à 3 850 millions de dollars, un chiffre conservateur parce qu'on ne peut pas calculer combien vaut la dissuasion des compagnies de faire du commerce avec Cuba.

60% de ce chiffre représente les opportunités non concrétisées, c'est à dire les ventes non réalisées, les affaires non concrétisées et les exportations non réalisées aux Etats-Unis. Le reste concerne les coûts additionnels étant donné que Cuba ne peut pas inter-agir sur son marché naturel, les Etats-Unis, situés à seulement 90 milles.

Malgré le rétablissement des relations bilatérales, le blocus continue à provoquer des pertes. En cette année 2015, le Bureau du Trésor des Etats-Unis a donné des amendes à des banques et à des compagnies, ce qui a affecté aussi la contrepartie cubaine car elle a perdu son commerce avec ces entités. De plus, plusieurs compagnies nord-américaines et d'autres latitudes ont annulé leur commerce avec notre pays après ces amendes.

Le blocus affecte aussi les Etats-Unis. En 1999, le président de la Chambre de Commerce de ce pays s'est rendu à Cuba et a déclaré que cette politique leur avait causé des pertes d'environ 1 200 millions de dollars. C'était il y a 16 ans. Depuis lors, elles ont augmenté. Chaque affaire possible qui ne se fait pas provoque des pertes pour les deux nations. Il y a trop de restrictions pour le commerce Cuba-Etats-Unis: on doit payer d'avance, on ne peut pas utiliser le dollar, il faut demander des licences spécifiques pour toute sorte d'action, on ne peut pas obtenir de crédits, etc...

Ana Teresa Igarza Martínez, directrice générale de la Zone Spéciale de Développement de Mariel:

Le but de la visite de la Secrétaire au Commerce des Etats-Unis était de savoir quels sont les avantages offerts aux investisseurs ainsi que le processus d'approbation et d'établissement de ceux-ci. De plus, elle a demandé quelles étaient les principales industries que nous voudrions attirer et quels sont les principaux défis que nous affrontons dans la Zone Spéciale de Développement de Mariel (ZEDM). Nous lui avons expliqué que la limitation essentielle est la crainte des chefs d'entreprises d'investir à Cuba étant donné les amendes que donnent les Etats-Unis avec le blocus économique.

Un autre élément qui fait des dégâts est l'extra-territorialité des sanctions qui touchent non seulement les entreprises nord-américaines et leurs filiales d'autres pays mais aussi des compagnies étrangères.

Récemment, le bureau a développé 2 grandes missions en Asie et en Europe. Nous avons inter-agi avec des entreprises que nous avons invitées à estimer et à évaluer le projet de la ZEDM. Beaucoup ont manifesté de l'intérêt pour faire du commerce avec Cuba mais toujours, ils ont demandé quand le blocus se terminerait parce qu'ils ont vu les sanctions données à d'autres entreprises.

Cuba n'exclue aucun pays de ses relations commerciales, bien au contraire. Nous avons aux Etats-Unis notre marché naturel. Il y a des entreprises états-uniennes qui utilisent des pays tiers pour développer certaines productions qui pourraient être réalisées dans notre pays avec une force de travail qualifiée, un environnement sûr, de bas indices de violence et de corruption, des éléments très appréciés par les investisseurs étrangers.

María del Carmen Orellana, directrice générale de Mercadotecnia du Ministère du Tourisme de Cuba:

On q parlé de l'assouplissement des voyages à Cuba mais aujourd'hui, les citoyens Etats-uniens ne peuvent pas encore faire du tourisme dans notre pays, ils peuvent seulement voyager sous 12 licences générales.

50% des touristes des Caraïbes proviennent des Etats-Unis. Par conséquent, Cuba perd l'accès à 50% du nombre de personnes qui pourraient faire du tourisme ici.

Nous ne sommes pas encore dans les systèmes de distribution globale, nous apparaissons seulement dans un des 4 meilleurs parce que le reste appartient aux Etats-Unis. Ces circonstances limitent beaucoup la promotion de notre pays.

Dans ce monde tellement informatisé et dépendant des nouvelles technologies, il est très difficile de continuer à accéder à la promotion sans l'accès à ces médias que nous refuse le blocus.

Le tourisme dynamise le reste de l'économie du pays parce qu'il fait se développer beaucoup d'entreprises et d'industries. Cuba est prête à recevoir des visiteurs de n'importe quelle partie du monde. Recevoir plus de touristes influerait sur tous les secteurs de l'économie, surtout dans la construction d'infrastructures.

Iván Ricardo Chacón, directeur des relations internationales du Ministère des Transports:

Dans le cas des transports, pendant la période qu'on a étudiée pour le rapport de l'ONU, il a provoqué environ 520 millions de dollars de pertes. Sur ce total, approximativement 280 correspondent au secteur de l'aviation. Il a aussi provoqué d'importants dégâts aux lignes aériennes des Etats-Unis qui ne peuvent pas avoir un marché très attractif et proche.

Les interdictions du blocus nous limitent pour acquérir la technologie de dernière génération et même dans beaucoup de cas, nous font augmenter le prix du combustible.

En ce qui concerne le secteur maritime, il y a aussi des dégâts. L'entreprise de croisières de Cuba est un exemple qu'on peut prendre. Les Etats-Unis ont déjà commencé à offrir des services de ferry et des croisières.

Dans le cas du transort public, nous travaillons avec des entreprises chinoises mais le temps d'approvisionnement est trop long et avec les Etats-Unis, qui sont notre marché naturel, ce serait plus rapide.

Les concessions que Cuba devrait faire pour convaincre le Congrès des Etats-Unis:

Orlando Hernández Guillén:

Quelles lois existent à Cuba, qui affectent le peuple états-unien? Qui limitent le commerce avec ce pays? Aucune. Les produits nord-américains peuvent entrer ici comme le font les produits chinois ou vénézuéliens. Quelles concessions devrait faire Cuba? Aucune parce que le blocus est unilatéral.

De notre côté, ce que nous devons faire, c'est créer des conditions pour que les entreprises nord-américaines puissent investir ici. Il y a 50 ans d'absence de relations mais même ainsi, nous accordons le meilleur traitement aux investisseurs de ce pays pour qu'ils comprennent nos conditions.

Les Nord-américains qui sont venus ici ne sont pas partis les mains vides, beaucoup de compagnies ont avancé leurs projets pour travailler et investir à Cuba.

Ana Teresa Igarza Martínez:

Parler de concessions, c'est dire: "qu'est-ce que nous allons donner en échange de ..." et réellement, c'est le peuple cubain qui a été affecté. Nous avons droit à notre souveraineté et à notre indépendance. Ce n'est pas Cuba qui doit faire des concessions, ce sont les Etats-Unis, qui ont imposé toutes ces mesures.

D'un autre côté, ce n'est pas que nous ne voulons pas acheter aux Etats-Unis, c'est que les mesures imposées nous affectent trop. Par exemple, ils ne nous accordent pas de crédits et nous devons tout payer d'avance et en liquide.

Presque toutes le smesures qui se sont assouplies jusqu'à présent sont dirigées vers le secteur privé, un aspect sur lequel nous ne sommes pas en désaccord. Mais les Etats-Unis cherchent à ce que les opérations soient directes et oublient les réseaux cubains établis. A Cuba, cette sorte d'opérations sont réalisées à moitié par des entreprises qui ont des mécanismes conçus pour faciliter l'accès aux produits aux meilleur prix et de al meilleure qualité.

En ce qui concerne les télécommunications, ETECSA a l'exclusivité dans ce secteur et revenir sur cela, ce serait démolir ce que nous avons approuvé pour faire des concessions aux Etats-Unis. Je crois que nous, les deux gouvernements, devons respecter nos différences et connaître les règles de chacune. Nous devons nousbaser sur le respect mutuel.

María del Carmen Orellana:

Nous sommes disposés à recevoir el peuple nord-américain dont on viole le droit constitutionnel de pouvoir voyager où il veut. Cuba est le seul pays au monde qu'il ne peut pas visiter. Nous, nous ne lui avons jamais interdit de venir ici.

Dans le cas des croisières, on parle de la possibilité de venir d'un port des Etats-Unis à un port de Cuba mais dans le monde entier, les clients des croisières visitent des zones entières. Par conséquent, ils ne nous mettent pas dans des conditions d'égalité avec notre compétence dans ce domaine.

De plus, on parle du fait que les agences de voyages nord-américaines puissent avoir des bureaux ici. Cependant, ils nous interdisent que les nôtres s'installent là-bas.

Iván Ricardo Chacón:

Cuba ne doit pas faire dévier d'un millimètre sa politique pour complaire aux Etats-Unis. Ce que nous avons obtenu auparavant l'a été sans faire de concessions. Nous pouvons négocier mais non faire des concessions.

Au sujet des ferrys, le dernier qui a fait la route Etats-Unis-Cuba est sorti en 1961 parce qu'ils ont suspendu ces voyages. Le 4 mai 2015, ont été approuvées les 6 premières licences pour reprendre ce service et en ce moment, il y en a plus de 15. Après 54 ans sans ferrys, nous devons préparer les infrastructures et nous travaillons à desprojets pour y arriver.

L'avenir du tourisme

María del Carmen Orellana:

Depuis 1961, le gouvernement cubain a parié sur le tourisme et depuis cette année, nos capacités pour héberger les touristes ont augmentées. Aujourd'hui, nous avons 62 000 chambres dans le pays et nous projetons d'augmenter ce chiffre à raison de 2 000 par an. Nous travaillons aussi pouraméliorer la qualité de nos services. Cette année, nous avons 18% de croissance et nous continuerons à travailler pour atteindre de nouveaux objectifs.

Propriété intellectuelle:

Orlando Hernández Guillén:

En 1998, on a approuvé un amendement aux Etats-Unis qui outrepassait les principes de la Loi Helms-Bulton sur la propriété intellectuelle. Elle était particulièrement dirigée vers les marques qui intéressaient le plus Cuba, le rhum Bacardí est spécial. Cependant, Cuba a accepté toutes les marques états-uniennes. A mesure que progressent les relations, nous pourrons récupérer ces marques.

Source en espagnol:

http://www.cubadebate.cu/?p=642811#.Vhdj-3g4YRE

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