Cuba: Le commerce extérieur asphyxié par le blocus

Publié le par cubasifranceprovence

Entre avril 2013 et juin 2014, le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba a provoqué des dommages estimés à plus de 3,8 milliards de dollars au commerce extérieur cubain.

Auteur: Katheryn Felipe | informacion@granma.cu

22 octobre 2015 14:10:58

Entre avril 2013 et juin 2014, le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba a provoqué des dommages estimés à plus de 3,8 milliards de dollars au commerce extérieur cubain.

70 % de ce montant correspond au manque à gagner pour l’exportation de biens et de services. Selon le rapport que Cuba présentera le 27 octobre prochain devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, le tourisme, le transport et l’agriculture figurent parmi les secteurs les plus touchés.

Il est connu que le développement économique d’un pays dépend en grande partie de ses possibilités de réaliser des échanges commerciaux et d’en retirer des ressources financières en monnaie librement convertible. Dans ce sens, Washington continue d’asphyxier le commerce cubain avec le monde.

Certaines estimations mettent en évidence que la suppression de cette politique injuste faciliterait le commerce extérieur cubain, qui est freiné aujourd’hui par l’impossibilité pour les entreprises nord-américaines d’accéder au marché cubain et par la décision de pays tiers de ne pas avoir d’échanges commerciaux avec l’Île par crainte des représailles dérivées de la mesure coercitive étasunienne.

Selon le rapport cubain, de nombreuses sociétés étrangères y renoncent devant les amendes énormes que le Département du Trésor étasunien impose à ceux qui achètent ou vendent à Cuba.

La situation géographique privilégiée, l’excellente qualité des ressources humaines, l’ouverture de nouveaux secteurs économiques, l’agrandissement des ports et l’existence d’une Zone spéciale de développement font du territoire cubain un espace très propice pour investir et faire des affaires.

Comme l’a expliqué récemment Rodrigo Malmierca, ministre cubain du Commerce extérieur et des investissements étrangers lors d’un forum économique à Beyrouth au Liban, dans un scénario sans blocus, plusieurs ports à faible tirant d’eau, y compris ceux de la côte sud des États-Unis, pourraient bénéficier du terminal de conteneurs de Mariel, en profitant de la faible distance et des eaux profondes.

Cependant, beaucoup de marchandises restent bloquées à Cuba dans l’attente d’un transport vers des destinations lointaines.

Les entreprises de commercialisation cubaines doivent s’acquitter de fortes sommes pour couvrir les coûts du fret et des assurances, davantage que la pratique habituelle, du fait des entraves découlant du blocus économique : un navire ayant mouillé à Cuba ne peut pas accoster dans un port des États-Unis avant six mois.

Par ailleurs, les responsables de l’entreprise Cubaexport affirment que l’Île a été contrainte de chercher des marchés pour son commerce extérieur dans des régions de plus en plus lointaines et restrictives comme l’Europe ou l’Asie.

Les mesures unilatérales de la Maison-Blanche contre Cuba entravent aussi le développement agro-industriel, la production d’énergie, l’expansion hôtelière et l’exécution des projets de recherche.

Par exemple, le montant de ce manque à gagner permettrait à Cuba d’augmenter ses achats de matériel photovoltaïque pour les panneaux solaires, d’acier (largement utilisé dans la construction de logements), ainsi que de matériel pour la métallurgie et de l’encre d’imprimerie.

LES SECTEURS LES PLUS DUREMENT TOUCHÉS

S’il était donné à Cuba d’exporter des produits très prisés aux États-Unis comme le café, le rhum, le miel et le tabac, ces exportations représenteraient des recettes de l’ordre de plus de 200 millions de dollars.

Le charbon végétal cubain est aussi interdit de marché aux États-Unis, pays qui figure dans la liste des 10 premiers importateurs mondiaux.

Par ailleurs, 65% du marché mondial des cigares est aux mains de Premium (fait main) aux États-Unis. Si ce marché nous ouvrait ses portes, rien que pendant la première année les ventes totales atteindraient les 50 millions d’unités (le manque à gagner est estimé à environ 133 millions de dollars).

Concernant la production de miel d’abeille, les pertes s’élèvent à plus de 14 millions de dollars en raison de la réorientation forcée vers le marché européen.

Un autre aspect dénoncé dans la Résolution cubaine intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis » a trait aux pertes causées à l’économie cubaine du fait du renchérissement des coûts d’achat et du fret maritime, et des variations des taux de change, notre pays ne pouvant pas utiliser le dollar dans ses transactions commerciales.

Le document souligne également que la non reconnaissance par les États-Unis des marques et brevets de l’île constitue une lourde entrave à l’économie extérieure. Il rappelle que le Bureau de contrôle des avoir étrangers (OFAC) du département du Trésor a refusé de renouveler l’enregistrement de la marque Havana Club aux États-Unis.

Le rapport signale que Cuba respecte invariablement sans la moindre discrimination les obligations assignées par les instruments juridiques internationaux, de sorte que plus de 5 000 marques et brevets nord-américains sont déposés dans l’Île.

Par ailleurs, l’entreprise Stella S. A., qui produit du beurre de cacao et des dérivés, a enregistré un manque à gagner de 320 000 dollars, et l’entreprise Cítricos Caribe S.A. des pertes de l’ordre de 915 055 dollars.

De même, bien qu’elle puisse importer des États-Unis, depuis 2001, des produits agricoles et des denrées alimentaires, l’entreprise Alimport se heurte à des difficultés découlant des conditions onéreuses et hautement réglementées qui lui sont imposées, des limitations financières et de la perte d’opportunités logistiques par rapport à d’autres marchés

La société commerciale Cubazucar, faute de pouvoir accéder au marché des États-Unis et à la bourse de ventes à terme de New York, et d’utiliser le dollar dans ses transactions, a essuyé des pertes se chiffrant à 78,6 millions de dollars.

Il reste interdit d’importer aux États-Unis tout produit fabriqué en tout ou partie, même dans un pays tiers, avec du nickel cubain, alors que ce produit constitue l’une des principales exportations de l’île.

Ainsi, le secteur extérieur de l’économie cubaine est contraint d’évoluer dans un labyrinthe d’alternatives pour faire face à la politique criminelle exercée par les États-Unis pendant plus de 50 ans contre notre pays.

http://fr.granma.cu/cuba/2015-10-22/le-commerce-exterieur-cubain-asphyxie-par-washington