Cuba: 80 organisations de la jeunesse de gauche réunies à La Havane

Publié le par cubasifranceprovence

Nos drapeaux plus hauts que jamais

70 ans après la fondation de la Fédération mondiale de la Jeunesse démocratique (FMJD), 80 organisations de la jeunesse de gauche se sont réunies en assemblée générale au mois de novembre à Cuba

Auteur: Amaya Saborit Alfonso | amaya@granma.cu

19 novembre 2015 15:11:38

70 ans après la fondation de la Fédération mondiale de la Jeunesse démocratique (FMJD), 80 organisations de la jeunesse de gauche se sont réunies à Cuba où des délégués venus des cinq continents ont eu des échanges pour fixer des lignes de travail et évaluer la tâche de cette organisation durant les quatre dernières années, ainsi que son influence auprès des jeunes.

Arturo Ayala del Rio, premier secrétaire de la Jeunesse communiste du Pérou Patria Roja (Patrie Rouge), a déclaré à Granma International que ce moment où les jeunesses communistes, démocratiques et révolutionnaires se réunissent pour exposer leurs réalités, leurs progrès ou leurs échecs, leurs stratégies et leurs évaluations de ce qu’elles ont fait dans la Fédération, est toujours une expérience unique et plus encore lorsque cette assemblée a lieu à Cuba.

Selon Ayala del Rio, nous vivons une époque de transformations : « En ce moment, l'impérialisme frappe avec davantage de force ; les processus de changements en Amérique du Sud rencontrent de nombreuses difficultés, alors que les forces conservatrices s’imposent dans des pays comme l'Ukraine, mais aussi l'intervention en Syrie… C’est pour cela que nous ne pouvons pas perdre de vue que l’avenir de l'Humanité dépend en grande partie de la façon dont nous allons résoudre ces situations. »

Le représentant du Pérou a souligné en quoi la jeunesse de gauche a beaucoup à dire. Sur la situation actuelle du Pérou, à propos de la lutte pour les droits de la jeunesse – un aspect que la FMJD privilégie dans ses objectifs – Ayala del Rio a expliqué que bien que dans son pays les droits des jeunes aient été bafoués à maintes reprises, les jeunesses organisées ont toujours répondu.

« Depuis les mouvements de la jeunesse et d’étudiants, nous avons combattu avec des mobilisations permanentes, qui ont permis, y compris récemment, de faire annuler la loi qui assouplissait les droits du travail des jeunes. Nous sommes conscients d’avoir obtenu une victoire, mais nous devons continuer à nous battre pour obtenir davantage de droits pour les jeunes », a-t-il précisé.

Quant à Aseelar Dar Alan, une jeune de 21 ans, représentante de la jeunesse palestinienne, elle a signalé l'importance de cette assemblée qui, selon elle, a été l’occasion pour le monde de connaître les souffrances de son peuple et un moment pour renforcer les liens de solidarité.

« Cuba a été parmi les premiers pays à soutenir la Palestine et nous a toujours offert son aide solidaire aussi bien sur le plan politique qu’en offrant à des jeunes la possibilité d'étudier dans ce pays (puisqu'ils ne peuvent pas le faire en Palestine, du fait des conflits existants). Je suis la preuve de ce geste solidaire », a-t-elle déclaré.

De son côté, German Choves Armendariz, représentant de la Fédération de la Jeunesse communiste argentine, il a souligné l'importance de cet événement dans les circonstances actuelles.

« Dans le monde d’aujourd'hui, alors que les agressions impérialistes se multiplient du fait de la crise du système capitaliste et de sa nécessité d'envahir de nouveaux territoires, nous devons redoubler les efforts de la jeunesse démocratique progressiste et de gauche pour faire face à l'impérialisme. L'espoir que nous plaçons dans cette assemblée, c’est de parvenir à construire un plan d'action de toute la jeunesse du monde afin de faire face aux plans de l'impérialisme », a-t-il signalé.

Concernant la réalisation de cette Assemblée générale à Cuba, Choves Armendariz a déclaré que pour les Latino-américains, cela a été extrêmement symbolique. « Symbolique parce que durant cette dernière période, Cuba a été le phare qui a illuminé la lutte de tous les révolutionnaires du continent. Et juste, parce que quand depuis l'empire on nous disait que nos drapeaux rouges étaient désormais caducs et qu’ils devaient être abaissés, depuis l'Île, on nous affirmait que c'était le moment de les brandir plus haut que jamais. »

Concernant les avancées dans la lutte pour l’amélioration des droits de la jeunesse en Argentine, Choves Armendariz a répondu qu’il y avait eu beaucoup de progrès. « Pour donner un exemple, disons qu’en 2003, le chômage et la pauvreté touchaient 50 % de la population argentine, aujourd'hui, même si nous ne disposons pas de chiffres précis, il oscille entre 10 et 15 %.

« Il y a dix ans, la jeunesse argentine combattait pour obtenir un morceau de pain, aujourd'hui elle lutte pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Il y a eu des progrès très importants, mais nous estimons qu'ils sont insuffisants. Nous sommes disposés à préserver ces réussites, mais décidés à aller plus loin. »

Par ailleurs, Choves Armendariz a déclaré que les jeunes ont obtenu le droit de vote à 16 ans, une Loi pour l'éducation publique et gratuite, et que l’on a aussi fait des progrès dans la santé et le logement.

Le cas de Porto Rico est différent, comme l’a déclaré Angelica Acosta Buono, qui représente le Comité de Solidarité avec Cuba et le Front socialiste.

« Dans notre pays, la situation est complexe en ce sens justement qu’il y a quelques jours, le gouvernement a mis en œuvre une réforme du travail qui porte préjudice aux jeunes de 16 à 25 ans. » Cette réforme, a-t-il dit, a réduit les salaires, n'offre aucun type d’avantages et allonge les périodes d’essais.

« L'Assemblée nous offre un espace qui nous permet de parler de nos réalités devant des délégués d'autres pays. Ainsi, nous nous rétroalimentons de ce processus, et nous travaillons à obtenir une plus grande intégration pour que la jeunesse anti-impérialiste mondiale obtiennent des progrès concrets », a-t-il conclu.

http://fr.granma.cu/cuba/2015-11-19/nos-drapeaux-plus-hauts-que-jamais