Venezuela: Les promoteurs du coup d'Etat pétrolier d'il y a 13 ans cherchent des sièges de députés

Publié le par cubasifranceprovence

par Gabriela Toro

traduction Françoise Lopez

Caracas, 21 Nov. AVN.- Ce 21 novembre, il y a 13 ans que les acteurs politiques regroupés à cette époque dans la défunte Coordination Démocratique appelaient à la grève pétrolière au Venezuela. Aujourd'hui, agglutinés dans celle qui se nomme elle-même table de l'Unité Démocratique, ils demandent au peuple de voter pour eux en tant que candidats aux prochaines élections législatives du 6 décembre.

Dans ce groupe figurent Julio Borges et Henry Ramos Allup, aujourd'hui candidats députés. D'autres qui ont participé activement à la grève pétrolière, bien qu'ils ne soient pas candidats aujourd'hui, promeuvent leurs propres candidats à l'assemblée. C'est ce que font, par exemple, Henrique Capriles Radonski avec ses candidats Rafael Guzmán et Adriana D' Elía à Miranda ou Andrés Velásquez avec Américo de Grazia dans l'état de Bolívar.

Ce même Carlos Ortega, une figure en vue de la grève pétrolière militait au parti Action Démocratique, un des membres de la Coordination Démocratique qui promut la grève qui laissa le peuple (condamné à faire de longues queues) plus de 70 jours sans nourriture, sans essence, sans gaz, sans base-ball et avec un Noël pendant lequel le libre accès aux biens et aux services lui fut refusé, les services ayant été fermés intentionnellement par les chefs d'entreprises et les commerçants en soutien à l'action de déstabilisation.

Les faits

Le 21 novembre 2002, le directeur de la Centrale des Travailleurs du Venezuela (CTV), Carlos Ortega, annonçait dans un hôtel connu de Caracas une action qui n'était pas liée à son rôle de dirigeant ouvrier. Devant les médias rassemblés en ce lieu, il appelait à une grève patronale le 2 décembre, une action qui annonçait 63 jours d'attaque de l'économie nationale.

Cet appel, le quatrième en seulement une année, dont la durée ne serait pas révélée "pour des raisons stratégiques" eut le soutien de FEDECAMARAS qui regroupe des secteurs patronaux du pays, de la direction et les travailleurs de la plus importante liste de personnel de Petróleos de Venezuela (PDVSA), des partisans de ce qu'on appelle la "méritocratie" dans la principale industrie nationale, les partis d'opposition réunis dans la défunte Coordination Démocratique et des médias privés qui ont joué un rôle primordial dans ce plan qui voulait provoquer un climat d'angoisse tel qu'il provoquerait la sortie, par des voies anticonstitutionnelles, du leader de la Révolution Bolivarienne Hugo Chávez.

Le but de la grève patronale - qui obligeait les travailleurs à s'y joindre qu'ils le veuillent ou non - était de porter atteinte à la stabilité du pays par le désapprovisionnement du marché intérieur et la paralysie de l'exportation de brut pour provoquer une explosion sociale qui conduirait à la faillite de l'Etat qui a affronté ensuite la baisse de 9,2% du Produit Intérieur Brut.

Cet appel, de plus, s'inscrivait dans la même ligne que le coup d'Etat perpétré par la droite - avec le soutien des Etats-Unis - le 11 avril de cette année-là et qui grâce à la résistance du peuple et au soutien des Forces Armées fut renversé avec le retour de Chávez au pouvoir.

Cette action putschiste perpétrée 8 mois auparavant a aussi fait appel aux mêmes éléments: l'appel à la grève, nullement conforme au chapitre V de la constitution de la République où étaient fixées les conditions pour faire grève en tant que stratégie de lutte de la classe ouvrière et l'intervention d'agents déstabilisateurs dans l'industrie pétrolière pour compromettre la production de combustible.

Mais, malgré la défaite d'avril, les secteurs conscients des effets qu'aurait cette action sur la vie économique nationale, insistaient pour la paralyser à nouveau. Carlos Fernández, président de FEDECAMARAS indiqua lors de la même conférence de presse à laquelle participait son homonyme Ortega que même les petits industriels étaient disposés à assumer le coût de la suspension de leur production car "pour atteindre un lendemain meilleur, il faut s'arrêter pour pouvoir continuer".

Le pronostic des dégâts économiques était prévisible. Dans le journal Tal Cual du 22 novembre 2002, par exemple, on se référait au fait que les ventes de Noël de cette année-là "tenaient à un fil avec l'annonce de la grève pour ces dates de décembre. Mais les chefs d'entreprises préfèrent un plus grand sacrifice" qui conduisit finalement à la chute de l'économie de 27,7%.

Le 24 novembre 2002, 3 jours après lavoir appelé à la grève, Luis Giusti, ex président de PDVSA et conseiller en matière d'énergie du gouvernement états-unien de George Bush, ratifia l'engagement du secteur de l'industrie pétrolière envers le plan et affirma que "si PDVSA va à la grève, le pays s'effondrera en une semaine". ainsi, la grève patronale finirait de se transformer en sabotage pétrolier dont les buts n'ont jamais été ni liés au travail ni socio-économiques.

L'économie en tant que voie vers la politique

Bien que la stratégie employée ait été basée sur le plan économique, les objectifs de la grève prenaient un autre chemin. Le 27 novembre, la Coordination Démocratique présenta un document avec les conditions pour arrêter la grève qui prétendait faire pression pour organiser un referendum consultatif pour demander la démission du président Chávez.

L’organisation d'opposition renoncerait à la paralysie si "le Conseil National Electoral organise le référendum consultatif, si la Table de Négociations et d'Accords décide d'organiser le référendum consultatif, si l'Assemblée Nationale convoque le référendum consultatif, si Mr Hugo Chávez Frías démissionne de sa charge de Président de la République et si la Coordination Démocratique considère tout autre accord comme adéquat".

Mais le lendemain, le Tribunal suprême de Justice (TSJ) déclara irrecevable la demande de convocation d'un référendum consultatif car elle était faite avec un caractère révocatoire. En réponse, FEDECAMARAS et la CTV renouvelèrent l'appel à la grève qui serait initialement de 48 heures et fut étendu dans le temps sans que la droite la déclare illimitée bien que la presse, en faveur des intérêts de la droite, l'ait appelée, avant même qu'elle commence "la grève illimitée tant attendue".

Le 30 novembre, Ortega indiqua que la grève commencerait à 6:00 heures du matin le lundi 2 décembre et que la durée de celle-ci serait "sujette à la façon dont les événements se dérouleraient dans le pays et à la façon dont se déroulerait la Table de Négociation" installée le 8 novembre 2002 avec la participation de l'opposition et de l'Exécutif National pour chercher un consensus sur des sujets politiques.

"Nous ne pouvons pas dire si elle sera de 24, de 48, de 72 heures car elle sera sujette à l'évaluation du Commando de conflit, de la coordination et de la Table de Négociation" avertit-il à ce moment-là.

ainsi débuta la grève patronale et le sabotage pétrolier qui dura jusqu'en mars 2003 et toucha principalement le peuple qui se vit condamné à une longue période pendant laquelle le combustible pour le transport manqua, ce qui obligea le population à faire de longues queues pour en obtenir ou qui rendit impossible, par exemple, la sortie des camions de pompiers pour les urgences. Le gaz pour la cuisine manqua, surtout dans les zones où on utilisait des bonbonnes et bouleversa Noël, l equotidien et la joie de cette époque.

Source en espagnol:

http://www.avn.info.ve/contenido/promotores-del-criminal-paro-petrolero-hace-13-años-hoy-quieren-curules-6d

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