Venezuela: L'Etat chilien cherche à laver la honte de la sentence de la Cour Suprême contre le Venezuela

Publié le par cubasifranceprovence

traduction Françoise Lopez

Par: Mapocho Press (Aporrea)

5 décembre 2015 - Le gouvernement du Chili cherche à présent à laver la honte qui touche son image internationale avec une action judiciaire gouvernementale à travers le Conseil de Défense de l'Etat (CDE) pour revenir sur la sentence de la Cour Suprême qui, le 18 novembre a donné suite à un recours de protection en faveur des Vénézuéliens Leopoldo López et Daniel Ceballos, détenus dans les prisons de Ramo Verde et de Guárico, dans le pays de Chávez. Il s'agit du même pouvoir de l'Etat qui a ignoré ou n'a pas prêté l'oreille aux centaines ou aux milliers de recours de protection et d'habeas corpus présentés par les familles de tant d'autres milliers d'hommes et de femmes qui ont disparu, victimes des crimes pervers contre l'humanité pendant les années tragiques de al dictature", a déclaré Juan Cuevas, activiste de l'Union Bicentenaire des Peuples (UBP).

Le CDE qui défend essentiellement les intérêts pécuniaires de l'Etat du Chili devant les tribunaux et dont l'institutionnalité répond au gouvernement, à l'unanimité de ses 11 conseillers, a demandé à la Cour Suprême d'annuler le jugement qui ordonne au Gouvernement chilien de faire appel à l'OEA pour la santé de López et de Ceballos. Le CDE a argumenté que la Cour Suprême manque de compétence et que la sentence est inexécutable car elle demande l'autorisation du Venezuela selon ce qu'a indiqué vendredi le sénateur Alejandro Navarro qui se trouve au Venezuela.

L'ingérence politicarde dans les affaires intérieures d'un autre pays fait honte à d'autres membres du Pouvoir Judiciaire et même à des personnages de la droite politique parce qu'elle amoindrit le sérieux en déclin avec lequel on regarde le Chili dans le concert international.

Cette initiative a été stimulée par des forces locales et internationales inscrites à l'Organisation Démocrate Chrétienne américaine (ODCA) et à d'autres instances des droites internationales organisées par des puissances étrangères pour s'ingérer contre des secteurs contraires aux intérêts des Etats-Unis et des pays de l'OTAN, dans ce cas, dans les élections vénézuéliennes du 6 décembre. Dans le schéma chilien, il s'agit des mêmes secteurs idéologiques démocrates-chrétiens et d'extrême droite de ce qu'on appelle aujourd'hui le "centre-droite" qui ont appelé les militaires à faire le coup d'Etat "civico-militaire" de 1973 dont les plaies profondes dans la société chilienne n'ont pas encore fini de cicatriser.

Le ministre de l'Intérieur, Jorge Burgos, démocrate chrétien qui fait fonction de "vice-président" du chef de l'Etat absente du pays, a dit le 18 novembre que le gouvernement respecterait le jugement: "les sentences de la Cour Suprême, dans le cas de notre gouvernement, n'ont pas 2 positions, elles se respectent. En conséquence, ce qui a été résolu doit être mis en oeuvre. Si vous me dites comment va réagir l'OEA au sujet de cette sentence, c'est une question sur laquelle je ne peux pas m'exprimer." Il semblerait qu'en 2 semaines, le gouvernement que représente Burgos ait changé d'avis.

A l'origine, cette sentence controversée a divisé les opinions à la Troisième Cour de la Cour Suprême composée par les ministres Pedro Pierry, Rosa Egnem, María Eugenia Sandoval, Carlos Aránguiz et Manuel Valderrama. la cour a révoqué une résolution antérieure de la Cour d'Appel de Valparaíso mais les deux femmes du haut tribunal, les ministres Egnem et Sandoval ont argumenté contre cette sentence, la première en disant que "les tribunaux chiliens manquent de compétence pour connaître l'action tentée par la voie du présent recours de protection" et la seconde "selon ses propres fondements et en gardant en vue en plus, que ce qui a été décidé par cette Cour dans le recours de protection Rol 60-2015 est contraire à l'applicabilité de la juridiction universelle des droits de l'homme", selon la version officielle de la Cour.

Honte internationale

"La Troisième Cour de la Cour Suprême nous a engagés dans une honte internationale" a dit le sénateur Navarro, leader du Movimiento Al Socialismo. "Nous l'avons dit, la résolution de la Cour Suprême qui a ordonné à la Présidente d'agir pour que l'OEA se rende au Venezuela est anticonstitutionnelle, rompt avec l'Etat de droit. En conséquence, la seule chose à faire était de demander l'annulation de la sentence".

Pour le sénateur Navarro, "la Constitution chilienne est claire en signalant que celle qui conduit les relations politiques internationales, c'est exclusivement la Présidente de la République. aujourd'hui, nous sommes les acteurs d'une honte internationale qui restera comme un de nos pires antécédents historiques en soumettant à la résolution d'un pouvoir étranger celle qui doit diriger ces relations internationales."

Il a ajouté que "cette sentence, quelques jours avant les élections, a été utilisée par la droite chilienne et internationale dans le cadre d'un dessein qui cherche à discréditer les élections au Venezuela en les remettant en question a priori pour ensuite refuser de reconnaître les résultats des élections. Pour Navarro, "la troisième Cour a causé des dommages à la fiabilité de la Cour Suprême".

source en espagnol:

http://www.aporrea.org/internacionales/n282272.html

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