AVEC FIDEL AU TELEPHONE, traduction Gaston Lopez

Publié le par cubasifranceprovence

  

Le dimanche 9 octobre, « Juventud Rebelde » a publié « Etrange déconnexion », un reportage réalisé par les étudiants de la Faculté de Communication sur les problèmes concernant l’emploi des nouvelles technologies dans les universités. Ce qu’ils n’imaginait pas du tout, ce fut que ce matériel leur réservait une des plus grandes surprises de leur vie.

 

19 novembre 2011 – Récemment, quelques amis se sont disputés avec moi parce qu’ils ont appris par de tierces personnes quelque chose que, d’après eux, j’aurais dû leur dire moi-même. Ils ont probablement raison. Mais, la vérité est que j’ai préféré rester muette parce que, quand je raconte l’histoire, il me semble qu’ils vont croire que je plaisante...

 

Le dimanche 9 octobre, « Juventud Rebelde » a publié « Etrange déconnexion », un reportage réalisé par une équipe d’étudiants de la Faculté de Communication dont je fais partie et qui traitait des problèmes concernant l’emploi des nouvelles technologies dans les universités. Le lendemain,je fus surprise  un appel inattendu.

 

-       Bonsoir, es-tu Luisa Maria ?

-       Oui.

-       Un moment, on va te parler.

-       ...

-       Luisa, Fidel te parle.

Ces quatre mots me laissèrent pétrifiée. A l’autre bout du fil, y avait-il Fidel ? Fidel ! Cela ne pouvait être certain. Mon esprit ne réussit pas à retenir exactement ce qui arriva dans les minutes suivantes. Si je me souviens bien, lorsqu’on me dit que son appel était en rapport avec le reportage « Etrange déconnexion » : « Cela m’a paru très bon, très critique, surtout parce que vous êtes capables, vous, les étudiants, de vous critiquer vous-mêmes. »

 

Dans les premiers moments de la conversation, il insista sur son intérêt pour le problème posé par le travail journalistique, c’est à dire la situation technologique des universités et les besoins des étudiants. Il fit un commentaire sur les nouvelles technologies de l’information et des communications dans la société contemporaine et rappela les efforts réalisés dans le pays depouis plusieurs décennies malgré les conditions difficiles,  pour ne pas rester en arrière par rapport aux avancées du monde.

 

Cependant, me dit Fidel, nous savons que malheureusement, l’état de plusieurs centres d’Education Supérieure n’est pas des meilleurs, « c’est pour cela que je voudrais que tu me parles de la situation, je veux t’entendre et que tu me dises comment tu vois les choses du point de vue des étudiants. Tu as la parole. »

 

Que diresur les mille idées que j’avais dans l’esprit ? Par quoi commencer ? Trois ou quatre secondes de silence me trahirent et, à l’autre bout du fil, un monsieur me dit : « Ne t’énerve pas, dis-moi la première chose qui te vient à l’esprit. »

Par où allais-je commencer ? Par le commencement.

 

« Voyez, Commandant, la situation technologique des universités n’est pas des meilleures. En ce moment, il y a  très peu d’ordinateurs pour les besoins. Nous, les étudiants, avons beaucoup d’activités d’enseignement qui demandent l’emploi d’ordinateurs. En outre, ceux que nous avons sont obsolètes et tombent souvent en panne. »

 

Il m’interrompit tout de suite, comme il l’aurait fait dans de multiples occasions semblables, pour demander : « Combien y a-til d’étudiants dans le pays ? Combien y a-t-il d’ordinateurs ? Que faites-vous le plus souvent avec ces ordinateurs ? »

 

C’était un tourbillon de questions. Il m’interrogea sur le prix des ordinateurs, des périphériques comme les imprimantes et les scanners, sur la qualité de l’équipement actuel, entre autres. C’est ainsi que nous parlâmes de gigabits, de mémoire RAM, de disques durs et de micro-processeurs.

 

Au milieu de notre conversation, le Commandant évoqua l’importance des technologies pour se tenir informé sur les événements internationaux. Je crois que c’est une de ses obsessions les plus récentes.

 

« Les gens ne peuvent pas vivre sans savoir ce qui se passe dans le monde. Crois-tu qu’il soit possible de vivre tranquille sans connaître les désastres qui arrivent partout sur la planète : la guerre en Libye, les grandes grèves. Et nous n’avons aucun espace télévisuel consacré à ces choses-là. Il y a l’émission en direct de « Granma » (« Hilo Directo »), je vais te lire ce qu’ils ont dit aujourd’hui. »

 

Il lut tous les titres de ce jour, lundi 10 octobre, et demanda immédiatement : « Penses-tu que ce soit suffisant ? Non, en vérité, le peuple a besoin d’en savoir beaucoup plus. »

 

Nous avons parlé longtemps sur la situation internationale qui le préoccupe, jusqu’au moment où nous sommes revenus au thème initial. Il me posa des questions sur mes camarades :

 

-       Demain, de ces heures-ci, serez-vous tous réunis ? J’aimerais parler avec vous tous.

-       Oui, Commandant, demain, nous serons ensemble tout le jour.

-       Bien, alors, nous parlerons demain. Merci beaucoup pour le temps que tu m’as accordé.

-       Merci à vous pour avoir appelé.

-       A demain.

-       A demain.

Le lendemain, mardi 11 octobre à 3 heures de l’après-midi, nous étions tous chez moi. Nous ne pouvions savoir ce que Fidel avait voulu dire avec « à cette heure-ci ». Ou bien c’était celle où nous avions commencé à parler, à 4 heures et demie de l’après-midi, ou au moment de prendre congé, à 6 heures. Il n’est pas nécessaire d’ajouter que chaque fois que le téléphone sonnait, nous faisions tous un bond et il se faisait un silence sépulcral.

 

Les minutes passaient lentement. Vers 6 heures moins 10, nous commencions à nous inquiéter et à douter que, finalement, il appelle.

 

A 6 heures juste, drinnng.

 

C’était lui à nouveau. A voir ma figure, mes amis comprirent qu’enfin, l’appel était arrivé. Très familier, Fidel me demanda quelles nouvelles j’avais. Je lui dis que nous étions tous là, prêts à parler et que mes camarades étaient au courant de l’échange de la veille. Ensuite, je lui commentai de nouvelles informations que nous avions notées.

 

Lui aussi avait vérifié un grand nombre de choses nouvelles et il me les expliqua une à une : nous avons parlé du prix des ordinateurs, et des raisons pour lesquelles il valait mieux pour les laboratoires, non des ordinateurs portables mais des ordinateurs de bureau.

 

D’une chose à l’autre, je ne sais comment, nous en arrivâmes au thème de l’agriculture.

 

-       Sais-tu, me dit-il, ces jours-ci, j’ai réuni des informations sur des cultures de grande valeur économique qui peuvent avoir une influence sur l’alimentation et la santé de notre peuple.

 

Il donna des détails sur la situation agricole du pays et du monde. Je l’écoutais et il me semblait entendre un exprit de ces problèmes actuels. Une fois de plus, je restai sidérée. Fidel, définitivement, savait tout. Je n’ai pas encore réussi à assimiler l’expérience de ces jours-ci . Je n’y réussirai probablement jamais.

 

Lorsque les conversations furent terminées, je me rappelai petite fille et pionnière. En ces jours où la vie semble une aventure, j’eus le privilège d’assister au troisième Congrès des Pionniers en 2001. Lors de l’Assemblée Plénière, le Commandant resta tout le jour avec nous, écoutant attentivement ce que nous disions, nous qui étions des enfants, commençant à peine à vivre. Il prononça un magnifique discours, de ceux auxquels il nous avait accoutumés. Jamais je n’ai oublié les derniers moments : ses yeux heureux de père fier, sa main ferme, disant adieu et ce sourire radieux. Je restai, les yeux pleins de larmes et avec la peur que cette fois soit la dernière. Maisnon, la vie a de ces surprises... !

 

Il voulait tout savoir jusqu’au plus petit détail.

 

Pour n’importe quel jeune Cubain, parler avec le Commandant en Chef Fidel Castro, en plus d’un honneur, signifie une immense joie. Surtout lorsque le motif de la conversation est un thème très sensible pour les universitaires, comme l’importance des nouvelles technologies dans notre formation, et les possibilités que nous avons de les utiliser avec toute l’ampleur nécessaire, dans un pays sous-développé comme Cuba.

 

Si nous ajoutons à cela l’importance qu’une personnalité reconnue internationnalement comme Fidel s’intéresse à un aspect de la société avec lequel, pour des questions de génération, il n’a pas eu trop de rapports,le fait devient encore plus singulier.  Ce monde de gigas, de bits, de toile, de software et de hardware qui, pour la génération internet fait partie de la vie quotidienne, est quelque chose de tout nouveau pour tous ceux qui, comme lui, ont grandi et se sont formés au milieu de grandes encyclopédies, livres et machines à écrire.

 

L’écouter, ce fut comme l’avoir en face et bien que cela puisse paraître étrange, j’eux l’impression que nous avions souvent parlé. Maintenant encore, il semble incroyable qu’il m’ait appelé par mon nom, Ana Lidia, que ses réparties mez firent rire et que nous ayons parlé de sujets quotidiens qu’affronte le peuple cubain et, en particulier, les nouvelles générations. Il voulait tout savoir jusqu’au plus petit détail.

 

Comment nous nous servions des ressources disponibles, comment nous faisions notre travail de classe et pourquoi nous utilisions internet... Une rafale de questions. Nous arrivions à peine à répondre. En cet instant, je me souvins des nombreuses fois où j’avais vu Fidel à la télévision, posant des questions, et posant encore des questions. Jamais je n’ai imaginé qu’un jour, je serai dans cette situation mais malgré la tension, nous arrivâmes à lui expliquer nos préoccupations les plus immédiates, les carences réelles, et les vicissitudes  à affronter pour nous former en tant que professionnels à la hauteur dans un monde toujours plus informatisé.

 

Nous avons parlé aussi des problèmes de travail des étudiants cubains en journalisme et il fut étonné par la fréquence avec laquelle nous nous réunissions pour travailler en équipe bien que nous vivions dans des quartiers très éloignés de La Havane. « La Lisa, Alamar, Parraga, et Le Vedado, sont des zones très distantes les unes des autres ! »

 

Soudain, il changea de thème : l’information insuffisante que le peuple cubain reçoit en politique internationale le préoccupait. Pour cela, il mit l’accent sur l’impact et l’utilité de programmes comme « Dossier» conduit par le journaliste vénézuélien Walter Martinez et d’autres qui font partie de la sélection des programmes de Telesur qui sont retransmis tous les jours à la télévision nationale.

 

Ensuite, il commenta la nécessité d’aborder dans la presse les thèmes actuels d’importance vitale comme l’agriculture. Ce fut alors qu’il se référa aux recherches de nos scientifiques pour trouver des alternatives d’alimentation en rapport avec la situation environnementale et les conditions économiques de Cuba.

 

Curieux jusqu’à la fin, aigü comme toujours dans ses commentaires. Avec la vision du futur qui l’a toujours caractérisé, une fois de plus, Fidel s’intéressa aux sujets de caractère national et international et aux besoins les plus quotidiens de ceux qui, jour après jour, sont dans les amphis universitaires pour se former comme professionnels cubains.

 

De la Loma de La Cruz jusqu’à F et 3°.

 

Terrible nouvelle ! Lorsque le mardi 11 octobre, je sortis pour aller à la faculté, jamais je n’imaginais que nous vivrions une pareille histoire, même pas en rêve.

 

Nous étions anxieux de finir la journée de classe, nous devions arriver le plus tôt possible chez Luisa. L’arrêt de bus à l’angle de la rue 23 et F était plein et il n’y avait pas la moindre chance que la situation change rapidement. Nous nous sommes alors divisés. Ibis et Anita en « botella », Luisi attendrait un peu tandis qu’Hector et moi, nous décidions d’y aller à pied (de l’angle de la rue 23 et F jusqu’à l’angle de la rue 15 et 24 !)

 

A 6 heurs, il appela. C’était impossible de ne pas le croire. A l’autre bout de l’appreil, il y avait Fidel, notre Commandant, partageant des idées avec nous , une équipe de journalistes encore étudiants.

 

Mon tour arriva. Pendant les premières minutes de la conversation, je crus que je ne pourrai soutenir le dialogue mais la voix chaude était familière et je me sentis si à l’aise que j’aurais allongé le temps plus qu’un élastique. Lui, de son côté, était satisfait : « J’ai beaucoup de plaisir à parler avec des étudiants de 5° année qui terminent pratiquement leur parcours universitaire et commencent leur vie professionnelle en tant que journalistes. »

 

C’est peut-être pour cela que l’occasion fut propice pour que, pendant la conversation téléphonique, nous abordions des thèmes très variés de caractère national et international bien qu’il y ait eu quelques apartés sur des sujets personnels :

 

-       Et toi, Nadia, d’où es-tu ?

-       De Holguin, Commandant.

-       Mais de quel endroit précisément ?

-       Du centre de la ville, près du Parc San José.

-       Là, il y a peu, il y a eu une manifestation importante de danse.

 

Je me rends compte qu’il donne une importance vitale au fait d’être bien informé. C’est pourquoi il ne s’en tient pas uniquement aux journaux et aux grands médias de communication de masse mais il se sert de toutes les sources possibles d’information auxquelles il a accès. Il demande, commente, suggère, émet des jugements de valeur et il est capable de s’intéresser à des endroits lointains sans perdre pour cela le plus petit détail. Face à ce désir, comme des compatriotes absents, nous nous en remettons à un symbole de notre ville, la Loma de La Cruz. Une fois la scène placée, les questions ne cessent plus : « Combien de fois es-tu montée ? Quand, pour la dernière fois ? Combien de temps mets-tu pour arriver au sommet ? » De même, il ne laisse pas de côté des aspects très ponctuels et stimule notre esprit  pour essayer s’approcher de la réponse le plus possible. « Est-ce un côteau haut ? Combien y a-t-il de marches ? Ca doit être à peu près 500... »

 

Ensuite, il s’intéresse à l’endroit où je vis actuellement, la cité universitaire Lazaro Cuevas, située à l’angle de la rue F et de la 3° avenue, dans le Vedado. Il essaie alors de se situer, fait allusion à des endroits de référence et calcule les distances. Selon les endroits, il se met à la place des étudiants et établit un parcours possible jusqu’à la faculté. Il me suggère que ce trajet équivaut à faire de l’exercice. Cependant, il prend l’accent du reproche lorsque je lui explique que la majorité des boursiers prend le bus P2 pour aller à l’Université, à seulement quelques pâtés de maison de distance.

 

Pour cela, à un autre moment de la conversation, il émet une idée qui nous ramène au début : si tu marches de la Baca à l’Université, et ensuite tu montes la Colline, c’est comme si tu étais montée à la Loma de La Cruz.

 

-       Commandant, je pense que je n’ai pas besoin d’aller si loin. Tous les jours, je monte les escaliers de La Beca.

-       A quel étage habites-tu ?

-       Au 13°.

-       Eh bien, sois contente, parce que ceux qui habitent au 2° étage ne font pas d’exercice.

 

Nous rions. Depuis lors, chaque fois que je monte les escaliers de La Beca, je me rappelle ses paroles et j’ai le même sourirte qu’alors.

 

Je crois que Fidel est toujours en train de penser à l’avenir.

 

Un ton, familier et posé, ce fut la première chose que j’entendis alors que je pouvais à peine entendre ses paroles. Une voix captivante et cordiale. Comment parler ? Que faire ? Que dire ? J’étais atone et émue, clouée sur mon siège, la respiration entrecoupée : « Comment allez-vous, Commandant ? », ce fut l’unique phrase cohérent que je réussis à articuler.

 

Mais quelques minutes plus tard, la tension disparut et il me sembla que je poursuivais une conversation ancienne qui n’était pas allée à son terme. Il me demanda : « Alors, Ibis, où vis-tu ? » Il me semblait incroyable que Fidel sache où se situait Parraga, qu’il plaisante sur son éloignement et s’intéresse aux lignes d’autobus qui s’y rendaient. Et j’admirais encore plus sa capacité à aborder aussi bien les grands thèmes que les faits quotidiens, ceux de la routine de la vie de tous les jours.

 

ensuite, j’entendis un bruit lointain de papier et je l’imaginai assis face à une grande table chargée de feuilles et de livres. Sa voix changea alors et devint plus grave. Il me dit qu’il était en train de lire des informations sur le Mexique et que les indices de violence élevés qui existent dans ce pays le préoccupaient parce que les chiffres augmentaient chaque année et que la situation échappait au contrôle des autorités. En outre, il parla des migrations constantes des exploitants agricoles vers les cités, en particulier vers le District Fédéral et les graves conséquences que cela pourrait provoquer dans l’économie de la nation.

 

Nous parlons aussi de la façon dont ces scènes de violence se répètent avec une fréquence très élevée dans plusieurs pays d’Amérique Latine. Et sa voix exprimait l’inquiétude lorsqu’il signala que des milliers et des milliers de personnes meurent à cause d’activités délictueuses comme le trafic de drogues. Mais son inquiétude ne se limitait pas seulement à ce problème, elle allait au-delà, jusqu’à la recherche de solutions. Je crois que Fidel est toujours en train de penser à l’avenir, et de façon globale ; en luttant pour que cette pensée se transforme en actions qui favorisent le plus de personnes possible.

 

Parler avec Fidel, ce fut comme dialoguer avec une partie de notre histoire (et quand je dis « notre », je pense à toute l’Amérique Latine.) Je crois que maintenant, je comprends vraiment le sens de cette phrase qui plaisiat tant à Tomas Borges : « Je sais que toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs. »

 

Nous allons nous voir rapidement.

 

Dans mon esprit commencèrent à passer, comme dans un film, des images de toute ma vie : les endroits où j’étais allé, les choses que j’avais faites, tout cela pendant que je tendais la main pour prendre le combiné. Enfin, c’était mon tour !

 

Nous nous regardions tous, les images ne cessaient pas. Je me revis lorsque je montais des poêles, marin, réparateur de chambres à air[1], fumigateur[2], gardien, et soudain, tout s’arrêta lorsque j’entedis sa voix, si familière, la même voix que des générations de Cubains ont entendue pendant des décennies.

 

-       Salut, Hector, comment vas-tu ?

-       Commandant, je suis ému. C’est que je n’aurais jamais pensé parler avec vous.

 

A quoi il répondit avec cette sagesse amusante :

 

-       Ah, vois-tu, moi non plus, je ne pensais pas parler avec toi...

 

Je ne pus rien faire d’autre que rire, comme on le fait avec un ami quand il fait une palisanterie. Et Fidel était là , le Commandant, l’homme des mille batailles, à l’autre bout du fil, se préoccupant et posant des questions sur  des choses de ma vie dont moi-même, je ne me rappelais pas : il me demanda si je regardais la télévision et combien de temps mais il centra son intérêt sur le thème des Cinq Héros dont nous parlâmes longuement. Peut-être que beaucoup ne comprenent pas et même critiquent mon étonnement, cet étonnement obstiné qui affaça les idées , les questions et les inquiétudes de mon esprit que j’aurais aimé partager avec lui.

 

Mais bon, ce n’est pas tous les jours que quelqu’un a un appel du chef historique de son pays.

 

Avec toute la prudence du monde et pour indiquer la fin de notre conversation, il me dit :

 

-       Bon, je vous ai volé beaucoup de temps aujourd’hui mais ne croyez pas que vous allez m’échapper.

-       Ne vous en faites pas, Commandant, nous allons nous voir rapidement.

 

(traduction Gaston Lopez)

 

 

 

 



[1] Métier très répandu à Cuba.

[2] Personne qui met en oeuvre la fumigation des maisons, des véhicules et de tous les endroits où peuvent nicher les larves du moustique Aedes Aegypti, vecteur de la dengue. Ces fumigations sont régulièrement réalisées.