CUBA LIBRE

Publié le par cubasifranceprovence

par Jean Rhein

Derrière les faits historiques, comme le blocus à la suite d'une tentative d'invasion ratée de Cuba de la part des États-Unis, et derrière une justice américaine (surtout en Floride) nullement aveugle et muette dans les affaires politiques, se trouvent des noms.

Ils s'appellent, par exemple, Fernando González, René González, Antonio Guerrero, Gerardo Hernández et Ramón Labañino et constituent le groupe dit «Les Cinq», condamnés par une justice intransigeante. Un traitement pénitentiaire leur est infligé qui s'avère de plus en plus arbitraire. Leur crime? Ils ont dénoncé les actes de terrorisme fomentés par la mafia cubaine de Floride (suspectée par d'aucuns d'avoir été mêlée à l'attentat contre J.-F. Kennedy).

Suite à un procès politique, Les Cinq sont incarcérés depuis plus de 13ans, dans des conditions qu'Amnesty International qualifie d'inhumaines. Même après avoir purgé sa peine, l'un d'eux, René, est retenu en liberté surveillée en Floride (!) et contraint à ne pas pouvoir retourner dans son pays, Cuba. Un autre a été condamné à deux fois la perpétuité plus quinze ans, ce qui est d'autant plus incompréhensible qu'il n'a pas de sang sur les mains. La justice des États-Unis est une justice politique.

L'Espagne (de Zapatero) a plaidé en faveur d'un nouveau dialogue entre l'Union européenne et Cuba. Le gouvernement cubain s'est montré ouvert à une négociation sur base de réciprocité et a conclu des accords avec cet État membre de l'UE et l'Église catholique. Surtout la position de Washington – même sous Obama, ce qui est une déception supplémentaire – reste figée dans un langage rétrograde de la force, de menaces et de contraintes.

Le ministre cubain des Affaires étrangères a souligné, aux Nations unies, que son gouvernement ne reconnaissait à l'UE aucune autorité morale pour critiquer Cuba à propos des droits de l'Homme, rappelant que le Vieux Continent est la scène de déportations de minorités, de répression de la liberté d'expression, de législations anti-immigrés et est en proie à l'exclusion sociale.

Jean Rhein

(source « Le Quotidien », 23 février 2012, éditorial

http://www.lequotidien.lu/editoriaux/32186.html)