L'APPEL DE FIDEL: 12 avril 2002 lors du coup d'état manqué contre Hugo CHAVEZ.

Publié le par cubasifranceprovence

 

12 avril, au petit matin.

A minuit 38, un aide de camp lui dit : « Président, vous avez un appel du Commandant Fidel Castro. » Chavez prend le téléphone immédiatement, un peu anxieux. Depuis le début de l'apr ès-midi du 11 avril, Fidel avait essayé d'entrer en communication avec lui. Fidel, immédiatement, veut connaître la situation à cet instant même et Chavez lui répond :

  • Nous sommes retranchés au palais, commence-t-il à lui dire. Nous n'avons plus la force militaire qui pouvait être décisive. On nous a enlevé la télévision, je n'ai plus de forces à mettre en mouvement et j'analyse la situation.

  • Quelles forces as-tu sur place ? , lui demande Fidel rapidement.

  • 200 à 300 hommes très fatigués.

  • As-tu des tanks ?

  • Non, il y avait des tanks et ils les ont ramenés dans leurs casernes.

  • Sur quelles autres forces comptes-tu ?, demande Fidel.

  • Il y en a d'autres qui sont loin mis je ne peux communiquer avec elles, répond Chavez, faisant allusion au Général Baduel et aux parachutistes, à la division blindée de Maracaibo et aux autres forces loyales.

Fidel fait ubne brève pause et, avec beaucoup de délicatesse, lui dit :

« Me permets-tu d'exprimer une opinion ? » Et Chavez lui répond immédiatement : « Oui ».

  • Négocie les conditions d'un traité honorable et digne et préserve la vie des hommes qui sont avec toi, qui sont les hommes les plus loyaux. Ne les sacrifie pas et ne te sacrifie pas, toi, dit Fidel, avec l'accent le plus persuasif possible.

  • Ils sont tous disposés à mourir ici, répond Chavez avec une certaine emphase et une certaine émotion.

  • Je le sais mais je crois pouvoir penser avec plus de sérénité que toi en ce moment, ajoute Fidel sans perdre une seconde, tandis que Chavez écoute, concentré, chaque mot. Ne renonce pas, exige des conditions honorables et des garanties pour ne pas être victime d'une félonie car je pense que tu dois te préserver. En outre, tu as un devoir envers tes camarades, ne t'immole pas !

En disant ces dernières paroles, il avait présent à l'esprit la profonde différence entre la situation d'Allende le 11 septembre 1973 et celle de Chavez à ce moment-là. Le Président chilien n'avait pas un seul soldat. Chavez pouvait compter sur une grande partie des soldats et des officiers de l'armée, en particulier les plus jeunes. Avec cette idée cruciale dans l'esprit, Fidel répète au leader bolivarien :

« Ne démissionne pas, ne renonce pas. »

 

(source « Granma, 11 avril 2012

traduction Gaston Lopez)