L'USAID ET LA "DEMOCRATIE" A CUBA

Publié le par cubasifranceprovence

L’USAID et la "démocratie" à Cuba

Par Tania Hernández

par  José Steinsleger/La Jornada

Un exemple parmi tant d’autres de l’illégalité de la politique étrangère des Etats-Unis est la foire d’empoigne à laquelle se livre la mafia cubano-étasunienne dans la course aux subventions versées par l’Agence Internationale des Etats-Unis pour le Développement (USAID) pour la « promotion de la démocratie » à Cuba.

Seule une infime partie de l’argent de l’USAID parvient au naïfs « dissidents » de l’île. La quasi-totalité des sommes sont empochées par des organisations dont le siège légal est situé à Miami et à Washington DC : la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNC), le Centre for a Free Cuba (CFC), le Directoire Démocratique Cubain (DDC), la Fondation pour les Droit de l’Homme à Cuba (FHRC) etc.

Au début de l’année 2004, le Programme Cuba de l’USAID, a « donné » 26 millions de dollars à 28 organisations non gouvernementales (ONG) pour « favoriser une transition rapide et pacifique vers la démocratie à Cuba ».

En juin, ces fonds ont grimpé à 36 millions et ont été encaissés par les universités de Rutgers et de Miami, la Fondation Internationale pour les Systèmes Electoraux (IFES) et le Conseil d’Entreprenariat Etats-Unis Cuba.

Cependant, en décembre 2006, les propres comptables de l’USAID ont révélé que la Sections des Intérêts yankees à La Havane, dirigée par James Cason, avait acheté des  tronçonneuses, des VTT, des manteaux de fourrure, des pulls en cachemire, des jeux vidéos Nintendo, des chocolats Godiva et des conserves de langouste qui devaient soit disant être livrés aux opposants.

Cason a été mis à la porte et le gouvernement Bush l’a récompensé en le nommant ambassadeur au Paraguay. Après sa retraite du Département d’Etat (2009), il s’est débarrassé des charges qui pesaient sur lui grâce à son amitié avec Ileana Ros-Lehtinen, chef des relations extérieures de la Chambre Basse du Congrès.

Puis Cason a été embauché par Frank Calzón en tant que président du Conseil d’Administration du Centre for a Free Cuba (CFC). Créé en 1997 avec du personnel de la Freedom House (FH, l’un des dinosaures des mécanismes d’ingérence de l’extrême droite étasunienne), le CFC est financé par l’USAID et son siège et situé à Arlington (Virginie), à côté du siège de la CIA.

Ami personnel de Cason, Calzón a surévalué les coûts des livres qu’il éditait, soit disant pour leur distribution à Cuba. De son côté, Cason se vantait d’avoir distribué « un quart de millions de livres », quand il était à la tête de l’USAID à la Havane (2005-2007).

En décembre 2009, l’un des bras droits de Calzón, Felipe Sixto, a reconnu devant un juge fédéral du district de Reggie Walton (Floride) qu’il avait « détourné » 600 000 dollars. Sixto s’est déclaré coupable du délit et Bush lui a offert un poste au Bureau des Questions Intergouvernementales (juillet 2005-2007).

Selon le journaliste canadien Jean Guy Allard, le vol de Sixto représente un quart du budget total alloué au CFC en 2008 par le Cubano étasunien Adolfo Franco, ex directeur de l’USAID pour l’Amérique Latine.

En mars 2008, la FNCA a exigé “davantage de transparence” dans l’utilisation des subventions gouvernementales, car cette organisation estime que certains groupes, comme le Directoire Démocratique Cubain (DDC), ne consacrent que 4% de l’argent distribué par l’USAID au soutien de la clientèle de dissidents.

Le site Internet du journaliste Trace Eaton indique que de 2007 à 2009, les dépenses du DDC se distribuent de la manière suivante : plus de 913 000 dollars en voyages, 2 279 000 en salaires, 331 000 pour des bureaux en Europe, en Amérique Centrale et en Amérique du sud, 550 000 pour les programmes et visites à l’étranger (République Dominicaine 200 557, Argentine : 126 412, Mexique : 56 936 et Costa Rica : 59 988 dollars)

Les aventuriers qui se saignent aux quatre veines pour la démocratie à Cuba traversent aussi des moments difficiles. En 2009, le gouvernement cubain a arrêté et condamné à 15 ans de prison le mercenaire Alan P. Gross, qui avait remis à ses contacts dans l’île des appareils de communication satellitaire de dernière génération. Gross travaillait pour Development Alternatives Inc., l’un des plus gros sous-traitants du gouvernement des Etats-Unis dans le monde.