LETTRE A Obama, Jacqueline ROUSSIE, MARS 2013

Publié le par cubasifranceprovence

 Monsieur le Président,

 Le 29 janvier dernier mourait José Antonio Llama, allias « Toñin », terroriste qui a beaucoup fait parler de lui en 2006. Cet ancien dirigeant de la FNCA (Fédération Nationale Cubano Américaine) a expliqué dans les moindres détails comment il avait crée en 1992 au sein de la FNCA un groupe paramilitaire destiné à planifier des attentats contre Cuba. (El Nuevo Herald, 22 juin 2006). Deux mois plus tard, il récidivait à la télévision.

José Antonio Llama avait personnellement avancé à la FNCA la coquette somme de 1 471 840,35 dollars pour participer aux frais liés à ces attentats. Pour cela, il avait crée une société paravent, la Nautical Sports Inc., et contracté un emprunt à l’International Financial Bank. Grâce à cet emprunt le groupe paramilitaire disposait bientôt d’un hélicoptère, de sept embarcations rapides, d’explosifs et de dix modèles réduits d’avions télécommandés destinés à être utilisés contre des objectifs économiques cubains ou dans un attentat contre le président Fidel Castro.  José Antonio Llama n’avait jamais été remboursé de cette somme, et quand il avait été inculpé avec ses comparses pour le complot de « la Esperanza », la FNCA avait en outre refusé de prendre en charge les frais d’avocats. C’est la raison qui avait motivé Llama, au bord de la faillite financière, à prendre ses distances vis à vis de cette organisation, et à faire de tels aveux concernant les activités terroristes.

Les cinq cubains Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, Ramón Labañino, et René González qui ont été arrêts à Miami en 1998, et n’ont toujours pas été libérés, avaient été envoyés par leur gouvernement en Floride pour déjouer justement les attentats comme ceux fomentés par la FNCA contre leur pays. En 1999, José Antonio Llama avait confirmé la légitimité de la mission des Cinq, sans que son témoignage n’ait suscité la moindre réaction.

L’histoire de José Antonio Llama à propos du complot de « la Esperanza » est un cas d’école pour illustrer le « deux poids deux mesures »  de la justice. Revenons donc sur cette histoire.

Un assassinat du Président Fidel Castro avait été ourdi par la FNCA. Il devait avoir lieu en 1997 durant le Sommet ibéro-américain qui se tenait sur l’Île vénézuélienne de Margarita. Cet attentat avait échoué, car Le yacht de José Antonio Llama, « La Esperanza » transportant commando et matériel destinés à ce magnicide avait été arrêté dans les eaux portoricaines par des garde-côtes des Etats-Unis alors qu’il mettait le cap vers l’île de Margarita. Bien sûr, le véritable arsenal trouvé à son bord n’était pas celui de paisibles pêcheurs et les « hommes d’équipage » avaient été arrêtés. Un des fusils de calibre 50 trouvé à bord appartenait au chef de la FNCA José Francisco « Pepe » Hernández qui n’a même pas été inquiété, protégé par ses relations avec la CIA.

Le propriétaire du yacht Antonio Llama avait été jugé devant le tribunal portoricain de San Juan, avec les membres du commando. Leurs avocats avaient essayé de faire transférer le procès à Miami. Cette demande avait été refusée, le tribunal de Miami n’étant pas estimé assez impartial pour juger les affaires liées à Cuba.

Quelques mois plus tard, les avocats des Cinq avaient demandé à ce que leur procès ait lieu devant un autre tribunal que celui de Miami. Cette demande avait été refusée sous prétexte cette fois que le tribunal de Miami était parfaitement impartial pour juger les affaires liées à Cuba ! Cherchez l’erreur, Monsieur le Président !

José Antonio Llama et les membres du commando avaient été acquittés en 1999, « faute de preuves », par un jury complaisant. Le témoignage au cours du procès d’un officier corrompu du FBI, Hector Pesquera, n’était pas étranger à cet acquittement.

Hector Pesquera avait d’ailleurs été largement récompensé en étant nommé chef du FBI de Sud Floride. C’est lui qui, le 12 septembre 1998, quinze jours après cette nomination, avait fait arrêter les cinq Cubains. 

Les cinq Cubains, eux, ont été très lourdement condamnés et l’un d’eux, Gerardo Hernandez Nordelo est toujours sous le coup d’une peine de deux perpétuités plus quinze ans !

Monsieur le Président, vous avez l’opportunité de pouvoir corriger une telle injustice. Un échange humanitaire entre les Cinq et Alan Gross contribuerait à une amélioration des relations entre vos deux pays attendue de tous. Alan Gross se sentirait en outre un peu moins lâché par votre gouvernement qui l’a envoyé dans cette galère.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments humanistes les plus sincères.

 

 

 

 

Jacqueline Roussie

64360 Monein (France)

 

 

 

Copies envoyées à: Mesdames Michelle Obama, Nancy Pelosi, Kathryn Ruemmler, Janet Napolitano, à Messieurs. Joe Biden, John F. Kerry, Harry Reid, Eric Holder,  Pete Rouse, Rick Scott, et Charles Rivkin, ambassadeur des Etats-Unis en France.