POURQUOI LE BRESIL EST LE PREMIER PAYS A PRENDRE LA PAROLE A L'ONU

Publié le par cubasifranceprovence

SI vous suivez les discours de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), prononcés chaque année au siège de cet organisme à New York, vous vous rendrez peut-être compte qu’ils sont toujours inaugurés par le représentant d’un même pays latino-américain : le Brésil.

 

 

La présidente Dilma Rousseff a inauguré la 67e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

 

Il en est ainsi depuis 1947, lorsque le chef de la délégation brésilienne à l’époque, Osvaldo Aranha, prit la parole à l’ouverture de la première session spéciale de l’Assemblée générale, donnant naissance à une tradition qui s’est maintenue jusqu’à nos jours.

 

« Ce n’est écrit nulle part, dans aucune lettre, dans aucun document, mais la tradition s’est perpétuée et à partir de ce moment toutes les sessions de l’Assemblée générale ont été inaugurées par le discours du représentant du Brésil », a expliqué à BBC Monde Giancarlo Summa, directeur du Centre d’information de l’ONU dans ce pays d’Amérique du Sud.

 

Face à la version de la tradition, qui est également défendue par le ministère brésilien des Affaires étrangères, la presse locale aime parfois à répéter que ce pays « a été choisi comme alternative pour que l’Assemblée générale ne soit pas inaugurée par un des deux pays ennemis pendant la Guerre , les États-Unis ou l’ Union soviétique, qui revendiquaient cette prérogative », commente le correspondant de BBC Monde au Brésil, Gerardo Lissardy. Mais cette version n’a pas été confirmée officiellement.

 

De l’avis de Giancarlo Summa, ce protocole qui veut que ce soit le Brésil qui ouvre les séances accorde « un statut différencié » à ce pays, dont on ne peut que reconnaître l’importance au sein de l’organisme, « d’un point de vue géographique, démographique et politique ».

 

Il se trouve que même si le Brésil n’a pas réussi à devenir membre du Conseil de sécurité comme il l’a souhaité dans un premier temps, il est l’un des pays fondateurs de l’ONU et le premier à y adhérer en 1945.

 

Par ailleurs, le Brésil est, avec le Japon, le pays ayant le plus souvent été élu membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

La tradition qui veut que le Brésil soit le premier à prendre la parole à l’Assemblée générale fut maintenue même à l’époque des gouvernements militaires (1964-1985), une période où les discours étaient généralement prononcés par le chef de la diplomatique, rappelle Summa.

 

D’après ce fonctionnaire de l’ONU, même si à l’époque « il y avait des organisations des droits de l’Homme qui bien entendu protestaient contre les violations commises au Brésil (…) la diplomatie brésilienne parvint à maintenir une capacité de dialogue international ».

 

LA PREMIÈRE FEMME

 

Le mardi 2 octobre, la présidente Dilma Roussef a prononcé le discours inaugural de la 67e session de l’Assemblée générale de l’ONU, qui a eu comme thèmes centraux la prévention et la solution des conflits internationaux.

 

Dilma Roussef a condamné les pertes de vies dans le conflit en Syrie, et elle s’est prononcée pour une réforme d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

D’après Tovar Nunes, porte-parole de l’Itamaraty (ministère brésilien des Affaires étrangères), plusieurs pays ont exprimé leur « souhait » que le Brésil puisse constituer une « voix du dialogue » par rapport aux conflits actuels, notamment sur deux des sujets devant figurer au centre de l’agenda des sessions : la crise syrienne et le programme nucléaire iranien.

 

Roussef a critiqué la politique monétaire expansionniste de certains pays développés, qui renchérit la monnaie des nations émergentes et nuit à leur compétitivité.

 

« Il existe un sentiment que le Brésil a une contribution à apporter, et la présidente en a pris note de la question », a expliqué Tovar, qui rappelé la tradition diplomatique du Brésil.

 

« Nous avons insisté sur le fait que nous ne voyons pas de solution militaire aux conflits actuels sur la scène internationale, de sorte qu’il serait tout à fait naturel que (le discours) aille dans ce sens ».

 

Dilma Roussef a été la première à prendre la parole sur les 193 pays membres, y compris avant le président des États-Unis Barack Obama.

 

L’année dernière, la discours inaugural de la présidente avait suscité une grande ovation. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été la première femme de l’histoire à inaugurer l’Assemblée générale. (Fragments tirés de BBC Monde)