UN PRESIDENT DU CONSEIL D'ETAT ELU COMME NOS MAIRES

Publié le par cubasifranceprovence

par Françoise Lopez

 

A l'issu de la session d'ouverture de la nouvelle législature de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, qui s'est tenue hier dimanche 24 février 2013 à La Havane, Raùl Castro a été réélu Président du Conseil d'Etat . Certains préfèrent dire « reconduit dans ses fonctions » entendant par là qu'il n'y a pas d'élections , ou de véritables élections à Cuba car la tenue d'élections est de plus en plus connue, grâce, en particulier au travail des associations de solidarité avec Cuba qui prennent soin, à chaque élection, de les faire connaître et d'en diffuser les résultats.

 

Mais nos grands médias, s'ils ne peuvent plus décemment nier la tenue d'élections, ne vont toujours pas jusqu'à expliquer les modalités de celles-ci. Sans doute parce que ces modalités sont tout à fait démocratiques comme nous l'avons déjà expliqué à maintes reprises . Elles comportent, en particulier, une caractéristique dont nous rêvons tous, nous dont les élus aussitôt qu'ils le sont, jettent par-dessus les moulins toutes les belles promesses qu'ils nous ont faites : tout élu, à Cuba est révocable à tout instant par ceux qui l'ont élu !

 

Mais laissons cela pour le moment et intéressons-nous aux modalités d'élection du Président du Conseil d'Etat et des Ministres, c'est à dire du Président de la République. Car si les Cubains ne se rendent pas aux urnes pour une « élection présidentielle », il y a cependant une élection.

 

Nous l'avons déjà expliqué, les Cubains élisent au suffrage universel direct et à bulletins secrets, les délégués aux Assemblées Provinciales du Pouvoir Populaire et à l'Assemblée Nationale, c'est à dire les députés.

 

Ces députés, une fois élus, élisent le Conseil d'Etat, lui-même composé de députés élus.

Ce Conseil d'Etat, une fois élu, élit son Président.

 

Cela ne vous rappelle rien ? Comment élisons-nous nos maires ? Pas comme nous élisons notre Président de la République, au scrutin uninominal direct . Non, pour les Elections Municipales, nous sommes appelés à voter pour une liste de candidats. Dans chaque liste qui se présente est élu un certain nombre de candidats. Ces candidats élus composent le Conseil Municipal. Et ce Conseil Municipal élit son président, c'est à dire le Maire...

 

Personne n'a jamais dit que ce mode de scrutin n'était pas démocratique et que les maires devaient être élus au scrutin uninominal... Mieux encore, si un maire meurt en cours de mandant,il n'y a pas de nouvelle élection mais une réunion extraordinaire du Conseil Municipal qui élit un nouveau maire. Cela a été le cas à Salon-de-Provence en 2001 : le maire élu, François Blanc , mort peu de temps après son élection, a été remplacé, après élection au Conseil Municipal, par Michel Tonon et personne n'y a rien trouvé à redire.

 

Alors, pourquoi contester l'élection de Raùl Castro ? S'il était maire d'une commune française, personne ne contesterait sa légitimité...

 

Françoise Lopez

25 février 2013