Venezuela: LA CAMPAGNE DE LA DROITE CHERCHE A PLAGIER TOUTES LES IDEES DU CHAVISME

Publié le par cubasifranceprovence

Caracas, 24 mars 2013 AVN – Le plagiat des termes et des symboles du chavisme continue à faire partie de la campagne de la droite. Ce dimanche, dans une interview publiée par « El Nacional », un des membres de l'équipe du candidat de l'opposition, Henrique Capriles Radonski, s'est approprié la devise utilisée par le leader de la Révolution Bolivarienne, Hugo Chavez dans la dernière bataille électorale où il a triomphé avec plus de 55% des voix.

 

Carlos Ocariz, membre de l'équipe de campagne du candidat battu le 7 octobre dernier, a déclaré au journal de l'opposition : « Ceci est une lutte du cœur de la patrie », copiant de façon évidente la devise « Chavez, cœur de ma patrie » que les forces bolivariennes ont utilisée pour obtenir la victoire aux élections de l'année dernière.

 

Bien que le candidat de droite réédite une partie de sa stratégie électorale qui a échoué, cette fois, il ajoute des éléments comme l'appropriation du langage du chavisme qui a été mise en évidence pendant les quelques jours de sa campagne anticipée. En faisant appel à des phrases d'empreinte strictement chaviste, le candidat a récemment envoyé un salut « aux enfants de Bolivar » et a déclaré être mandaté, exclusivement « par Dieu et par le peuple », non sans s'être auparavant référé à « la patrie » en plusieurs occasions.

 

De la même façon, l'équipe de Caprilès a annoncé une « consultation » qui plagie le projet du Plan de la Patrie mis en place par le leader de la Révolution Bolivarienne, Hugo Chavez, qui a construit son programme au moyen de la consultation de la base via internet et diverses assemblées populaires dans lesquelles furent abordés les points qui devaient guider l'agenda gouvernemental pour la période 2013-2019.

 

Avec le vol symbolique que tente de réaliser l'équipe d'opposition, Caprilès donne raison à la dénonciation que fait Romain Migues dans son livre Le programme de la MUD.

 

« Quand l'évidence de la gestion positive du gouvernement bolivarien est trop forte pour la nier, ils utilisent la stratégie de « triangulation » politique qui consiste à garder les idées clef de l'opposant politique en changeant leur formulation », explique Migues dans l'analyse du programme de gouvernement mis en place par Caprilès dans sa dernière candidature à la présidence.

 

Avec la « méthode de triangulation politique » inventée par Dick Morris, conseiller de l'ex président nord-américain Bill Clinton, autant Caprilès que son équipe politique prévoient de s'approprier des substantifs comme « patrie » et « peuple » pour qu'on se méprenne sur la popularité dont jouit le projet Bolivarien, impulsé par Chavez, qui fut historiquement attaqué par la droite.

 

Sondages de mallettes.

 

A quelques semaines des élections, tous les sondages – y compris ceux de Datanalys, lié à la droite – accordent au candidat de la Révolution, Nicolas Maduro, une avance qui oscille entre 16 et 22 points par rapport au candidat de l'opposition. Cependant, comme cela s'est produit au cours de la dernière campagne, l'équipe de Caprilès a refusé de reconnaître les chiffres qui lui étaient défavorables.

 

« Nous avons des sondages dans lesquels l'image de Maduro est faible et pas seulement dans l'opposition », a déclaré Ocariz sans même mentionner le nom des supposés instituts qui ont réalisé le sondage. Le porte-parole de l'opposition a même avancé , sans aucune preuve, que « un ensemble de 24% ne souhaite pas donner sa voix à Maduro. »

 

La semaine dernière, la compagnie mondiale de services financiers Barclay a publié le sondage de Datanalysis qui accorde 14,4 points d'avance à Nicolas Maduro.

 

Pour sa part, l'institut de sondages International Consulting Services (ICS) accorde un avantage de 18 points au candidat Maduro, que Rodriguez appelle « le fils d'Hugo Chavez ».

 

Dans son étude, réalisée entre le 9 et le 17 mars, ICS indique que 58,2 % de ceux qui ont été consultés voteraient pour Maduro et 40,5 % pour Caprilès.

 

Enfin, l'étude réalisée par Hinterlaces a indiqué que si les élections présidentielles se déroulaient aujourd'hui, Nicolas Maduro obtiendrait 53 % des voix alors que Caprilès en aurait seulement 35 %, ce qui représente une brèche de 18 points en pourcentage.

 

Dans l'interview, Ocariz ne mentionne pas ces résultats parce que, il a assuré, « tout va très vite » et « une enquête représente deux semaines de travail et il faut 30 jours pour avoir les résultats », c'est pourquoi soi-disant, en un mois « nous avions un pays différent ».

 

Après une campagne agressive contre le président Chavez, dans laquelle Caprilès se moquait de lui en le qualifiant de « gros », « vieux » et « malade », la nouvelle stratégie électorale de l'équipe de l'opposition est de flatter le « fort leadership » du Commandant, selon les paroles d'Ocariz.

 

Dans l'interview, Ocariz « a loué » la figure de Chavez et a réitèré la tentative de la droite de détacher le leader de la Révolution Bolivarienne de Nicolas Maduro, que le commandant lui-même qualifia d'homme capable de conduire le pays dans le cas où surviendrait son absence physique.

 

De fait, le Plan de la Patrie mis au point par Chavez est le même que celui que présente Maduro devant le CNE en postulant pour les présidentielles, pour réaffirmer son engagement de suivre le chemin du socialisme que le plus grand leader de la Révolution Boivarienne a tracé.

 

Cette proposition d'un plan concret de Gouvernement donne un clair désavantage au candidat de la droite. Selon le récent sondage d'ICS, 63 % de la population ressent du rejet pour Caprilès Radonski parce que, de l'avis de ceux qui ont été consultés, le candidat conservateur ne génère pas d'espérances ni ne maintient aucun type de connexion avec les besoins des gens.

 

Lorenzo Martinez, directeur de l'institut, a affirmé que le candidat présidentiel de la droite est « conseillé par une équipe politique de la quatrième république qui n'a pas montré les preuves d'espoir que les gens ont besoin de trouver dans un candidat car ils n'ont pas pu mettre en place un programme qui les amène à capter l'électeur. »

 

AVN 24/3/13

(traduction Françoise Lopez)