Venezuela: A PROPOS DU MOT "guarimba"
Guarimba : À l’origine le mot guarimba appartenait au vocabulaire enfantin : dans le jeu de cache-cache, il désignait la cachette utilisée pour ne pas être découvert et ainsi être éliminé du jeu.
Dans le contexte politique, c’est Chavez qui l’a utilisé pour la première fois avec un sens figuré, en référence à des activités conspiratrices, dissimulées sous des protestations sociales légitimes. Dans les faits, il s'agissait de dénoncer des actions violentes de rues "cachées" derrière une image de manifestations sociales légitimes. Chaque fois que l’opposition perd une élection, elle convoque ses partisans à sortir dans la rue pour crier à la fraude.
Chavez nomma alors ces actions avec la forme verbale : guarimbear - "faire des Guarimbas". C'est une façon de nommer la réaction de colère, récurrente dans l’opposition, dérivée du fait quelle n'accepte pas les règles du vrai jeu démocratique. Lors de la dernière victoire de Chavez, son opposant Capriles a été surnommé Caprichito ("le petit Capriles/capricieux), parce que sa réaction ressemblait à celle d'un enfant qui trépigne de rage d'avoir perdu.
Mais, dans le contexte des derniers événements, il y a eu quelque chose de nouveau. Au début on a dit : « il s’agit encore une fois de la Guarimba ». C’était le moment où Leopoldo Lopez a appeler à sortir dans la rue pour renverser le gouvernement.
Mais cette fois-ci les gens de l’opposition ont décidé cyniquement de reprendre l'expression à leur compte et de lui donner (dans les twitter) un nouveau sens : un mot d'ordre de lutte, un acte héroïque « du peuple ». Ils ont même créé une définition propre, en la publiant dans un « dictionnaire libre » sur internet
Cette stratégie de reprendre les termes du chavisme et changer leurs sens est de plus en plus utilisée par l’opposition.
Pendant la dernière campagne présidentielle le discours de Capriles imitait celui de Chavez, et il utilisait les mêmes symboles.
Aurora 11 mars 2014