Venezuela: LA DELINQUANCE S'EST "COLOMBIANISEE"
traduction Gaston Lopez
Miguel Rodriguez Torres connaît bien Zulia, il y a fait racines, et sûrement pour cela, le Soutien Aérien la garde Nationale et la Résidence du Gouverneur lui sont familiers. Durant le trajet, il a parlé avec Panorama, il a reconnu la multiplication des tueurs à gages, en particulier sur la Côte Orientale du Lac et face à cela, il a dit: "Il y a une commission spéciale de Caracas installée dans l'état de Zulia pour combattre les mafias".
Le président a exigé lorsqu'il a annoncé la "crise", des changements lors de cette nouvelle étape de son mandat. Que fera Miguel Rodriguez Torres au Ministère de l'Intérieur et de la Justice?
- Nous allons approfondir le développement du principe de la co-responsabilité entre le peuple et le gouvernement: c'est le premier pas pour transformer notre état et commencer à mettre en pratique la lettre de la Constitution qui parle d'une démocratie participative et "protagonique" (...) C'est pour cela que nous travaillons avec le PSUV1 pour mettre toute la structure du parti au service de la sécurité des citoyens à l'intérieur de lignes stratégiques que nous développerons avec le parti lui-même, une chose à laquelle nous avons déjà travaillé hors du parti avec les communautés organisées, avec les conseils communaux, avec les associations de voisins en assemblées permanentes et les quartiers pour que les gens se joignent aux efforts pour la sécurité (...)
Est-ce que dans les derniers mois, une montée des délits des tueurs à gages a été constatée dans l'état de Zulia?
- C'est certain. il y eu une augmentation des tueurs à gages surtout sur la Côte Orientale du Lac et à la Cañada. Ce sont les endroits où il y a eu une augmentation des tueurs à gages. Déjà, les bandes qui se consacrent à cela sont pleinement identifiées. Ilya une équipe de Caracas spécialisée du CICPC et du groupe BAE, là-bas, à Zulia et en fait, il y eu un affrontement avec la COL où certains chefs de la bande ont été abattus. D'autres ont été arrêtés. Nous luttons contre ces pratiques mais ily a certainement une augmentation, ici, des tueurs à gages. Même ainsi, à l'échelle nationale, il y a une réduction d'un peu plus de 20% du nombre de tueurs à gages. notre objectif est une réduction de 40% des délits en 4 ans et en particulier, des délits qui ont l'impact social le plus important.
- Vous mentionnez un corps spécial de Caracas qui se trouve dans l'état de Zulia pour affronter les mafias. Est-ce qu'il va y rester? Quels sont ses objectifs?
- Comme les bandes sont connues, identifiées, la mission de cette équipe (DGV, groupe BAE du CICPC et une équipe du renseignement) est de procéder à l'identification et à la capture de ces bandes. Il y a maintenant des actions importantes sur la Côte Orientale, nous avons neutralisé plusieurs chefs de bandes, nous allons continuer, nous ne voulons pas seulement le chef de ces bandes... Ils vont rester ici jusqu'à ce que nous ayons neutralisé ces groupes.
- Etes-vous conscient du handicap que suppose, dans la lutte contre l'insécurité, l'existence de chefs de la police liés aux mafias, dans l'état de Zulia?
- Nous nous sommes occupés de cela et plusieurs policiers sont intervenus. La police de Miranda, celle de La Cañada et celle de Cabimas sont intervenues et les fonctionnaires contre lesquels nous avons trouvé des preuves de connexion avec le crime sont mis immédiatement aux ordres du Ministère Public (...) Nous sommes conscients qu'il y a des abus qui datent de plusieurs années et, de même, nous avons procédé à des destitutions dans la police de Mene Grande et les choses se sont améliorées. nous ne sommes pas intervenus dans la police de Bachaquero, nous l'enfermons, c'est à dire, nous connaissons les problèmes qui existent à l'intérieur des corps de la police, c'est une des séquelles de la quatrième République qui a autorisé tous les maires à avoir une police sans qu'il y ait une autorité supérieure, une autorité policière et ici, tous ceux qui faisaient la police, la faisaient à leur façon. Maintenant, avec l'existence de Visipol, nous avons engagé des actions comme interventions et assistance technique, nous avons épaulé plus de 50 corps de policiers (...)
- Il y a peu, on a arrêté un paramilitaire à Maracaïbo et au moins 5 de plus sont identifiés. Quelle est la pénétration paramilitaire dans notre société et que faire face à cela?
- La réponse est toujours la même: enquêter, travailler, faire du renseignement. En fait, nous avons mis sur pied une brigade spéciale contre les groupes qui provoquent la violence et déjà, les éléments de renseignement de cette brigade sont dans l'état de Zulia , enquêtant pour arrêter et capturer les paramilitaires qui essaient de s'installer dans notre pays (...) Ce sont les coups que l'on reçoit lorsqu'on a comme voisin un pays dans lequel ont été démobilisés 20 à 30 000 paramilitaires qui n'ont plus rien à faire et qui viennent au Venezuela comme dans une région où s'établir bien que nous sachions que l'unique chose qu'ils savent faire, c'est commettre des délits.
Vois comme les délits ont changé au Venezuela. Etre tueur à gage n'est pas un délit propre au Venezuela, c'est venu de Colombie. L'enlèvement rapide, nous avons été victimes de cela (...)
- Est-ce que le soutien du gouvernement colombien est suffisant? Pour de nombreux paramilitaires, c'est facile, de passer la frontière...
- C'est une frontière très longue. En ce qui concerne le trafic de drogue, il y a eu une coopération importante et efficace. En fait, cela se traduit par la quantité de mafieux que nous avons capturés ici et que nous envoyons immédiatement en Colombie ou que la Colombie réclame. Il y a une forte collaboration. en fait, maintenant, il existe des postes de commandement avec des officiers vénézuéliens de ce côté et des officiers colombiens de l'autre côté, dans la lutte contre la contrebande et la traite de personnes.
- Est-ce le soutien que vous désirez ou cela pourrait-il être un peu plus important?
- Je crois que cela pourrait être un peu plus important. Ils en sont restés à travailler sur une proposition de loi qui dit que toutes les saisies faites du côté colombien ne peuvent pas revenir au Venezuela en tant que produits.
- Et quand cela sera-t-il résolu? Parce qu'actuellement, de là-bas, ils ne nous renvoient rien.
- Ils allèguent que la loi ne le leur permet pas. lors de la dernière réunion, ils en sont restés à proposer une loi qui doit être approuvée en décembre où les produits saisis, surtout ceux qui sont de première nécessité, soient immédiatement rendus à notre territoire national et ensuite remis aux autorités. C'est une avancée que nous attendons.
- Pour terminer avec le thème de la violence, il existe des pratiques de délinquance comme le démembrement très peu en accord avec la "culture" de la délinquance créole. Les homicides sont-ils en train de changer ou de s'importer?
- Les actions des bandes de délinquants sont en train de se colombianiser e til existe quelque chose à quoi la société vénézuélienne est perméable, c'est l'usage de la violence pour résoudre les problèmes. Les derniers démembrés que nous avons vus ne sont pas le produit de la délinquance organisée ni de la délinquance courante, ce sont des problèmes passionnels. il existe un problème social qu'il faut étudier à fond (...)
- Vous êtes militaire. le problème de la contrebande a plusieurs aspects. l'un d'entre eux est l'aspect militaire. Comment allez-vous agir dans la FANB2?
- Il existe une quantité d'officiers et de troupes arrêtée parce qu'elle était liée à la contrebande et cela va moraliser les Forces Armées parce que c'est une épuration et ici, tous ceux qui assument leurs responsabilités... Ces officiers ne se rendent pas compte du mal qu'ils font à leur pays en permettant que ces choses-là arrivent... Mais le problème ne se limite pas aux forces Armées et pour cela, les enquêtes vont continuer quoi qu'il arrive. Par exemple, en ce qui concerne le combustible, il y a des gens impliqués à tous les niveaux, depuis celui qui met du combustible dans le camion jusqu'au monsieur qui remplit son réservoir pour l'amener en Colombie. tout cela est une chaîne de secret qu'il faut mettre à jour.
- Voilà 15 jours, nous avons vu le président dans une offensive contre la contrebande mais dans l'état de Zulia, voilà 2 ans que nous souffrons de ce problème et cela paraissait une réponse tardive...
- Voilà un certain temps, la situation était très complexe: nous en étions à la mort du Président. Ensuite, vint un processus électoral. Ensuite, les "guarimbas"3. Cela a été une année bien compliquée. Nous avons du demander beaucoup aux Forces Armées pour combattre les "guarimbas" et alors, on délaisse certaines choses pour s'occuper d'autres et nous avons travaillé dans ce contexte. Que se passe-t-il avec la gouvernabilité stable? Nous avons pu concentrer une importante quantité de la FANB pour combattre les problèmes frontaliers qui sont multiples (...)
- L'ambassadeur Ivan Rincon a dit que le grand marché de la contrebande est dirigé par les Bacrim, les "Rastrojos", les "Urabeños". Combien de secteurs ces bandes dirigent-elles?
- Je ne sais pas quel est leur pourcentage mais il est assez important. Deux grands chefs parmi eux ont été pris lorsque j'était directeur du SEBIN4: Daniel "le Fou" Barrera. Ceux-ci font, entre autres choses, le trafic de combustibles et de drogues et certains de leurs lieutenants font le trafic d'aliments. Ils ont des troupes armées, ils se font craindre, ils se livrent à des extorsions, et un grand nombre de personnes leur obéit sous la menace (...) Le trafic d'aliments et de combustible est beaucoup moins risqué que le trafic de drogues. S'ils t'attrapent à faire le trafic de nourriture ou de combustible, la loi est très laxiste en ce qui concerne les sanctions. S'ils t'attrapent à faire le trafic de drogues, la condamnation est très longue. Pour eux, il est plus rentable et moins risqué de faire le trafic de nourriture et de combustible.
1Parti Socialiste Uni du Venezuela.
2Forces Armées Nationales Bolivariennes.
3Protestations violentes.
4Service de Renseignement vénézuélien.
Source en espagnol: Panorama Digital, 7 septembre 2014
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