Sommet des Amériques: LA BAGARRE ENTRE LES PARTISANS DE Washington ET L'EXIL HISTORIQUE

Publié le par cubasifranceprovence

par Mariano Álvarez (Miradas Encontradas)

traduction Françoise Lopez

A quelques jours de la tenue à Panama du VII° Sommet des Amériques où on attend avec anxiété la venue des présidents de Cuba et des Etats-Unis, et rien que pour cela, ce sera un événement historique, les luttes augmentent, à Miami, entre les partisans de la nouvelle politique de l'exécutif nord-américain concernant Cuba et ceux qui s'y opposent avec les arguments mêmes de la vieille politique, dont l'échec a été prouvé.

Il a transpiré, bien que cela ne se soit pas propagé, que le Département d'Etat prépare et finance un groupe trié sur le volet de soi-disant opposants internes, plusieurs d'entre eux déjà en tournée dans des pays d'Amérique Latine et d'Europe, qui selon ses critères, représenteraient dans les Forums du Sommet qu'organise l'OEA la véritable Société Civile Cubaine au détriment des légitimes représentants d'organisations sociales, de masse et d'associations reconnues légalement à Cuba.

Cependant, pour plusieurs organisations de Cubains résidant en Floride appartenant à l'Assemblée de la Résistance - aucune de ces délégations ne constitue la Société Civile Cubains, l'une parce qu'elle répond aux desseins du Gouvernement nord-américain, l'autre parce qu'elle est alignée sur les intérêts du Gouvernement cubain.

Selon ces considérations et vantées par les congressistes et les sénateurs anti-cubains, les organisations regroupées dans l'Assemblée de la Résistance , dont le directoire Démocratique Cubain, Mar por Cuba, Junta Patriótica, Brigada 2506, Alpha 66, Conseil pour la Liberté de Cuba, Grupes de Ex Prisonniers, 30 Novembre, Cuba Indépendante et Démocratique, Mouvement Démocratie et des figures isolées comme Luis Enrique et Darsi Ferrer (ils ne sont pas frères) s'évertuent à tenter d'atteindre Panama, conscients qu'il y a un avant et un après.

Et ceux qui ne seraient pas là pourraient peu influer sur l'avenir de Cuba. Ce n'est pas qu'ils ne vont pas recevoir de financement car tout indique qu'ils recevraient quelque chose pour participer à certaines escarmouches à leur convenance. Mais ils ne seraient pas pris en compte pour une action significative. Ils se sont rendu compte que le bilan penche vers des acteurs nouveaux et pas si nouveaux mais qui passent rapidement dans le nouveau scénario, avant l'épuisement de ceux qui n'ont rien de nouveau à montrer comme casser des disques dans la rue 8, que ce soit avec un rouleau compresseur ou en poussant des cris.

En tant que cela, un autre groupe de "délégués" prétend arriver à Panama, aussi bien résidant dans l'île que dans la diaspora, ceux qu'ils considèrent comme leurs légitimes représentants et ceux du peuple cubain ordinaire. Etre présents et visibles est vital pour l'avenir , pour cela, ils organisent d'autres événements intérieurs qui coïncideront avec celui de Panama, pour lequel ils ont convoqué leurs partisans décimés.

et c'est un autre sujet de controverse car un groupe veut que les faibles fonds dont ils disposent soient utilisés en fonction des opposants intérieurs mais d'autres ne veulent pas rater la fête de Panama. C'est le cas de Janisset Rivero, du DDC et de Silvia Iriondo de MAR por Cuba, dont l'organisation et les membres, pour leur garde-robe et le rideau de propagande qu'ils utilisent dans leurs activités, peuvent être confondus avec des membres du groupe terroriste ISI.

Des membres de ces groupes font que ceux qui sont choisi par la Maison Blanche - dans leur majorité des opposants de l'intérieur - et en particulier les plus favorisés (Manuel Cuesta Morúa, Juan Antonio Madrazo Luna, Kirenia Núñez, Laritza Diversent, Dagoberto Valdés, Rosa María Payá…) sont des individus d'élite qui profiteront de l'occasion pour s'exhiber, obtenir un rôle et les ressources logistiques et financières que donnaient auparavant les institutions fédérales et privées nord-américaines aux organisations à l'étranger pour parvenir à la "transition démocratique de Cuba".

Selon des sources bien informées, si elles ont raison, dans le cas de Cuba, l'OEA a sélectionné la "délégation" choisie par les Etats-Unis pour représenter Cuba sans prendre en compte l'Assemblée de la Résistance, c'est à dire que leurs partisans de l'intérieur comme Antunez, Berta Soler, Martha Beatriz Roque, entre autres, ne seront pas acceptés pour participer aux forums de la "Société Civile et des Acteurs Sociaux" et de celui des "Jeunes".

Le cas de Soler n'a pas de précédents et elle est assez rejetée aussi bien à Washington qu'à Miami. Elle croyait sérieusement qu'elle était la Leader et qu'elle pouvait faire faire le pied de grue aux Nord-américains (à la Jacobson, par exemple). Ce qui est sûr, c'est qu'elle subsiste encore parce qu'ils ont employé beaucoup d'argent et qu'avec un contrat, on ne peut pas tout démonter en 5 minutes mais que ses jours sont comptés.

A cause de cela, l'Assemblée de la Résistance amènera à Panama un groupe pour son propre compte pour manifester contre les gouvernements de Cuba et des Etats-Unis dans un forum intitulé "le Forum parallèle des Cubains". Cependant, ils ne sont pas conscients qu'au mieux, ils ne pourraient même pas sortir de l'aéroport car, avec l'ampleur de l'appareil de sécurité qui se déplace avec les présidents Barack Obama et Raúl Castro, la ville sera pratiquement paralysée. Ou simplement, ils seront invisibles.

J'oublie que la grande presse serait centrée en particulier sur les figures des deux présidents, leurs activités et leurs mouvements et qu'elle s'occupera difficilement de couvrir un événement parallèle comme celui qu'ils planifient.

Face à la situation actuelle, apparaissent déjà leurs propres dissidents - de l'Assemblée - qui soutiennent que "l'exil politique historique" dans son ensemble est peu attirant et devront être plus créatifs, au contraire, vont être d'accord car ils ne peuvent pas entrer en compétition avec le projet du Gouvernement Nord-américain de créer une "société civile cubaine indépendante" à leur manière.

Le point critique - comme toujours - c'est l'argent qui circule aujourd'hui par une voie différente.

Pour entrer en compétition avec le projet du Gouvernement Nord-américain de créer une "société civile regroupée dans la "Plateforme d'Intégration Cubaine", certains des membres de l' Assemblée de la Résistance invitent l'"Accord pour la Démocratie à Cuba" dont ils n'ont jamais fait partie. Un avorton vieux de presque 20 ans qui a été signé dans la ville de Lubin, Pologne en 1998 et auquel, ensuite, ils ont essayé de donner une nouvelle vie en 2007, sans résultat notable. Certains leaders de l'exil ont une vision plus réaliste et l'appellent "Accord pour la Démagogie à cuba", considérant que seules des promesses reviendront et que ça en restera là.

L' Assemblée de la Résistance gère désespérément, le financement pour ce voyage à Panama, à travers la Freedom House, l'Institut Républicain International, la Fondation Valladares, le Conseil pour la Liberté de Cuba (CLC), la Fondation pour les Droits de l'Homme, le Parti Populaire espagnol (PP) et le patron d'origine cubaine Leopoldo Fernández Pujals, Elena Larrinaga De Luis, directrice de la Fédération Espagnole des Associations Cubaines (FECU) et la Démocratie Chrétienne chilienne.

C'est un “charquero” à la Cubaine, dans lequel les uns tirent d'un côté et les autres tirent de l'autre et dont le dénominateur commun est que chacun tire de son côté. Cette dynamique n'a pas changé.

Le poulailler est sans dessus-dessous parce que dire que c'est une scène lui donne une hauteur de concept et d'orthodoxie qui ne lui correspond pas. Il suffit de chercher sur Internet pour connaître les luttes intestines qu'ils se livrent et ce n'est pas exactement par des méthodes de lutte. C'est surtout par l'action et le financement.

Leur existence est due à l'argent qu'ils reçoivent de plusieurs institutions du Gouvernement nord-américain, de leurs alliés dans des pays tiers et d'organisations liées à des actions terroristes contre leur propre pays.

Et alors, quand il s'agit de pareils commérages, Berta pose ses pantoufles et dit qu'elle est celle qui commande parce que celle qui ne vote pas pour elle ne touche pas, et qu'il faut passer sur son corps et qu'Antunez se débarrasse du petit tampon avec le drapeau nord-américain, et que l'autre est enceinte et veut rentrer à Cuba, et que l'autre a été entraîné et a décidé de vivre à Miami, et que l'autre a trompé son mari. Mais de tout cela, on ne parle pas parce que Miami n'accepte ni cornes ni bagarres internes. Enfin, de quelle Société civile Indépendante du peuple cubain parlent-ils?

Source en espagnol:

https://miradasencontradas.wordpress.com/2015/03/20/la-vii-cumbre-de-las-americas-el-debate-bronca-entre-los-partidarios-de-washington-y-el-llamado-exilio-historico/#more-16405

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