L'ASILE POLITIQUE DE Julian Assange REVEILLE L'ESPRIT COLONIALISTE DE LA Grande-Bretagne

Publié le par cubasifranceprovence

Par Pedro  M. Otero Cabañas

La nouvelle de la décision du gouvernement de l’Equateur d’accorder l’asile politique à Julian Assange s’est répandue comme une traînée de poudre. Les médias internationaux suivaient de près le dénouement de ce problème depuis que le fondateur du site Wikileaks se soit réfugié dans l’ambassade diplomatique  de Quito à Londres le 19 juin dernier.

L’affaire Assange avait fait les gros titres il y a quelques jours, lorsque les autorités britanniques ont fait savoir clairement que si l’asile lui était accordé, elles ne livreraient pas le sauf conduit correspondant lui permettant de voyager. Elles sont allées plus loin en signalant que si cela s’avérait nécessaire, elles le sortiraient par la force de la mission équatorienne.

 L’Australien Julian Assange, est devenu célèbre en 2010, après la publication sur son site Wikileaks  de milliers de dépêches et documents secrets échangés entre des fonctionnaires du Pentagone et du Département d’État des Etats-Unis et des ambassades ou des représentants politiques ou militaires étasuniens un peu partout dans le monde.

Les textes de ces messages, liés essentiellement à la guerre en Afghanistan, étaient très comprommetteurs pour la plupart des individus impliqués. Washington a admis qu’il s’est agi de la plus grande révélation de documents  de l’armée et d’autres instances étasuniennes.

Depuis lors, les États-Unis demandaient l’extradition de Julian Assange, qu’ils voulaient juger pour avoir révélé des secrets militaires, charge qui pourrait supposer même la peine de mort pour lui.

Les États-Unis devaient passer d’abord par la Grande Bretagne et la Suède, deux pays qui dès le début avaient répondu par l’affirmatif à la demande d’extradition de Washington. Stockholm a en plus, ouvert un procès contre Assange pour de prétendus délits sexuels, à la recherche d’une façon “ légale” de le faire rentrer dans ce pays nordique, pour l’extrader ensuite vers les Etats-Unis.

L’entente entre la Maison Blanche et ses deux alliés européens pour ce qui est de l’affaire Assange, met en relief la portée de la décision de l’Équateur, qui en accordant asile politique  à l’éditeur de Wikileaks fait montre de son sens humanitaire élevé et de son respect de la loi.

En effet la décision courageuse, annoncée jeudi par le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, est accompagnée de toutes les considérations prises par son gouvernement pour l’adopter, en correspondance avec les législations internationales concernant ces cas, à savoir que la vie de Julian Assange courait un danger en cas d’éventuelle extradition vers les Etats-Unis.

L’Equateur a consulté les 3 pays concernés par cette affaire et non seulement aucun d’entre eux n’a donné de garanties sur la non extradition de Julian Assange aux Etats-Unis, ils n’ont même pas daigné y répondre.

Des images diffusées par les principales chaînes de télévision montraient des policiers autour de l’ambassade équatorienne à Londres, où il y avait aussi des personnes qui s’étaient rassemblées pour appuyer Assange.

Le mécontentement de la Grande Bretagne face à la décision de l’Equateur ne devrait être qu’une bravade. Mais la semaine dernière le cabinet du premier ministre  David Cameron avait évoqué la loi des institutions diplomatiques et consulaires de 1987 qui autorise le gouvernement à révoquer le statut diplomatique à un local, en cas de violation, aux yeux de Londres, de la loi internationale.

La menace plane. Si l’immunité diplomatique du siège de l’ambassade équatorienne était violée, le Royaume Uni sèmerait un antécédent néfaste, qui réduirait à rien les accords internationaux et établirait la loi de la jungle dans les relations entre les pays et les gouvernements.

 

Le parlement équatorien rejette les menaces de Londres au sujet de l’affaire de Julian Assange

Par Michele Claverie

Quito, 17 août  (RHC-PL)- L’Assemblée Nationale de l’Equateur a approuvé une résolution qui rejette catégoriquement la menace de la Grande Bretagne d’entrer dans  son ambassade à Londres pour arrêter le journaliste et fondateur du site Wikileaks, Julian Assange, à qui, le pays sud-américain a accordé l’asile politique.

Après 3 heures de débats, 73  des 80 députés, présents à la séance extraordinaire, ont rejeté  une quelconque tentative d’invasion de l’enceinte diplomatique dans la capitale britannique et ont appuyé  les efforts du gouvernement équatorien pour trouver de l’appui au sein d’organismes régionaux.

Les députés équatoriens ont aussi appelé la communauté internationale a rejeter toute menace ou recours à la force comme mécanisme de solution de conflits entre des pays souverains et ont demandé à la Grande Bretagne de résoudre le différend par la voie pacifique.