LA SIP, BRANCHE DE LA CIA DE LA PRESSE COMMERCIALE, CHOISIT SA REPRESENTANTE A Cuba
Jean-Guy Allard
La Société Interaméricaine de Presse (SIP) – la branche CIA de la presse commerciale dont le siège à Miami porte le nom de Jules Dubois, l'agent de cette organisation qui la refonda – a désigné la cybermercenaire Yoani Sanchez pour la représenter à Cuba, confirmant ses liens avec les plans les plus sordides du renseignement nord-américain.
La SIP a désigné il y a quelques jours des « représentants » par pays de sa Commission de la Liberté de la Presse et de l'Information, un mécanisme de propagande avec lequel elle diffame les nations progressistes et encourage l'orientation clairement pro-nord-américaine de l'ensemble de ses membres. Son directeur est Claudio Paolillo, de l'hebdomadaire uruguayen de droite Busqueda.
« Dans chaque pays, il y aura des vice-présidences régionales et pour cela, à Cuba, est désignée Yoani Sanchez, a annoncé Paolillo dans un communiqué qui condamne la « répression » des journalistes et des écrivains dans l'Ile, reprenant la rhétorique habituelle du Département d'Etat.
Petite-fille du « Colonel aux Oreilles Velues ».
La SIP fut fondée à La Havane en 1943 dans le but légitime de représenter les journalistes et les organes de presse. Cependant, les services nord-américains de renseignement, rapidement, détournèrent l'organisation et la transformèrent en un instrument du pouvoir impérial.
Dans la réunion de la SIP qui se déroula à Quito, Equateur, en 1959, trois personnages représentèrent les Etats-Unis. Deux étaient de hauts officiers des services de renseignement nord-américains : Jules Dubois et Joshua Powers. Le troisième, Tom Wallace, était un haut fonctionnaire du Département d'Etat.
Dubois est le seul qui peut prétendre au titre de journaliste. Cet authentique colonel du renseignement militaire nord-américain – ainsi le décrit une note biographique publiée après sa mort – se métamorphosa dans les années quarante, en reporter du Chicago Tribune, alors influent.
Anticommuniste enragé, il prend rapidement le contrôle de ce qui devait se transformer rapidement en chambre de commerce pour magnats de l'industrie de l'information.
De 1951 jusqu'à sa mort, Dubois présida la Commission pour la Liberté de la Presse et de l'Information, qualifiée d' « épine dorsale » de la CIP pour le rôle de direction idéologique qu'elle tint et continue à tenir dans toute la presse commerciale du continent.
Le contrôle de Dubois, le Colonel aux Oreilles Velues, fut si grand, sur les mécanismes de désinformation de la CIP que l'organisation mafieuse finit par donner son nom à son siège central, situé à Miami.
Putschistes de Caracas à Tegucigalpa.
Au cours des années, l'association de magnats intervint à l'UNESCO pour défendre le contrôle de l'information par les entreprises privées et participa à la sale propagande contre le gouvernement démocratique de Salvador Allende.
Se proclamant défenderesse de la liberté d'expression, la SIP avalisa en avril 2002, le coup d'Etat contre le gouvernement légitime du Venezuela et ne se prononça pas sur le black-out de l'information qu'imposèrent ses membres en soutien aux militaires putschistes.
Le propriétaire des journaux honduriens El Heraldo et La Presse, Jorge Canahuati Larach, membre éminent de la SIP, non seulement soutint activement le complot des militaires putschistes de son pays contre le Gouvernement de Manuel Zelaya, mais paya la campagne de relations publiques aux Etats-Unis, dirigée par Manuel Noriega, destinée à légitimer le gouvernement putschiste.
Dans une assemblée générale de la SIP, Canahuati décrivit la presse du Honduras, où la police et l'armée molestaient et tuaient les manifestants, comme victime d'une série d' « attaques » des « deux bandes en conflit, en particulier, des partisans de Zelaya ».
Alors qu'elle soutenait le coup d'Etat de Tegucigalpa, la SIP accusait publiquement le président bolivien Evo Moralès de « maintenir ses attaques permanentes » contre les moyens de communication de son pays, le président vénézuélien Hugo Chavez fut accusé de « menacer la presse » et le président équatorien Rafaël Correa, d'être responsable de « la situation de plus en plus préoccupante de la presse » dans son pays.
Quand elle prétend représenter « plus de 1 300 publications des Amériques » selon son matériel de propagande, la SIP ne parvient pas à réunir pus de 100 affiliés dans ses réunions les plus importantes.
Celle qui a été choisie à Cuba.
Le célèbre enquêteur chilien Ernesto Carmona a souligné comment les textes de Yoani Sanchez sur la toile sont publiés par un service situé en Allemagne et est « hébergé par les serveurs de la compagnie Cronos AR Regensburg, succursale allemande de l'entreprise Strato », qui « ne fournit pas de services à des usagers ordinaires comme -par exemple – aux blogueurs. »
Sanchez résida en Suisse et en Allemagne avant de rentrer à Cuba pour créer son blog (Génération Y) et diffamer l'Ile, a signalé Carmona. On apprit plus tard qu'elle était en contact au moins avec un individu, qui réapparut après avoir été diplomate, à Cuba et l'aida.
« Le registre de domaine du blog conserve l'entreprise Godaddy, qui est une des compagnies que le Pentagone utilise dans la cyberguerre de propagande actuelle. Ainsi, Yoani Sanchez a un accès préférentiel aux technologies nord-américaines que le blocus interdit à Cuba » souligne le spécialiste.
Traître patenté, Sanchez – activement encouragée par certaines agences de presse internationales – s'enrichit avec des prix internationaux générés par le Département d'Etat, qui se montent à des centaines de milliers d'euros.
Par une disposition du Département d'Etat nord-américain, Sanchez détient l'unique compte PayPal (compte bancaire digital) existant à Cuba. De plus, elle demande constamment des « dons » soi-disant destinés à la « dissidence ». Des observateurs estiment sa fortune personnelle, déposée à l'étranger, à au moins un demi million d'euros.
Authentique négociante de la désinformation pro-nord-américaine, comme le prétend le Département d'Etat, Sanchez se chargera maintenant de représenter la SIP – organisation d'extrême droite qui se consacre de façon permanente à attaquer, calomnier et diffamer son pays – et s'occupera des plans qu'élaborent en Virginie les grosses têtes de la guerre psychologique contre l'Amérique Latine libre et souveraine.
(source « Granma » 12 novembre 2012
traduction Françoise Lopez)