LE BLOCUS ECONOMIQUE DE CUBA: UNE POLITIQUE INHUMAINE ET VOUEE A L'ECHEC

Publié le par cubasifranceprovence

Juan Diego Nusa Peñalver

 

LES mesures adoptées par la Révolution cubaine, le 1er janvier 1959, destinées à récupérer les richesses du pays pour les mettre au service du peuple, ont asséné un coup mortel aux intérêts des grands monopoles nord-américains, qui pendant plus d’un demi-siècle avaient pillé les ressources de l’île, et dominé la nation cubaine.

 

 

Le blocus économique des États-Unis contre Cuba empêche une meilleure prise en charge médicale des enfants cubains atteints de cancer. Sur la photo, un enfant malade à l’hôpital pédiatrique Juan Manuel Marquez, dans la commune de Marianao, à La Havane.

 

La réponse des États-Unis a été immédiate et démesurée. Les sanctions destinées à détruire la Révolution se sont succédées sans répit jusqu’à devenir un blocus total, une guerre économique que la grande puissance du Nord impose à Cuba depuis cinq décennies, sans avoir pu récupérer son pouvoir hégémonique sur l’île, qui fut autrefois une de ses enclaves préférées dans l’Hémisphère occidental.

 

Le blocus économique, commercial et financier exercé contre Cuba a été décrété par le gouvernement de John F. Kennedy (1971-1963), le 7 février 1962, à travers le Décret 3447, même si dès 1959, les États-Unis avaient appliqué des mesures économiques contre Cuba.

 

L’obsession anti-cubaine des gouvernements étasuniens successifs n’a pas cessé un seul instant, notamment pendant les administrations de William Clinton (1993-2001), de George W. Bush (2001-2009), et de Barack Obama. Cette politique agressive a causé des dommages inestimables au peuple cubain.

 

L’armature juridique sur laquelle repose le blocus peut être qualifiée d’acte de génocide aux termes de la Convention de Genève de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, et d’acte de guerre économique, selon la définition donnée par la Déclaration relative au Droit de la Guerre maritime adoptée par la Conférence navale de Londres de 1909.

 

 

Les administrations de William Clinton (1993-2001), de George W. Bush (2001-2009), et de Barack Obama, ont renforcé considérablement le blocus, occasionnant des dommages humains incalculables.

 

Jusqu’en décembre 2011, l’application de cette mesure immorale a causé des dommages économiques évalués à 1 066 milliards de dollars, compte tenu de la dépréciation du dollar par rapport à l’or sur le marché international.

 

À prix courant, ces préjudices s’élèvent à 108 milliards de dollars.

 

Même si les États-Unis ne sont pas parvenus à leurs fins, le blocus économique, commercial et financier reste le principal obstacle au développement des potentialités économiques et sociales de Cuba.

 

Pour toutes ces raisons, la communauté internationale exige depuis 20 ans sa levée inconditionnelle.

 

DOMMAGES À LA SANTÉ ET À L’ÉDUCATION

 

L’alimentation et la santé figurent parmi les secteurs dans lesquels le blocus a provoqué les dommages sociaux les plus importants. Entre mai 2011 et avril 2012, les préjudices dans le domaine de la santé ont été évalués à environ 10 millions de dollars, dus essentiellement au fait que Cuba est contraint de se fournir sur des marchés éloignés, et à l’augmentation des coûts d’importation du matériel jetable et des instruments médicaux, tels que les médicaments, les réactifs, les pièces détachées, et les équipements.

 

Le Centre cardiologique pédiatrique William Soler ne peut disposer du Levosimendan, un médicament utilisé pour le traitement de l’insuffisance cardiaque, que les laboratoires étasuniens Abbot sont les seuls à produire. L’hôpital manque également de formules nutritionnelles pour les nouveau-nés et les nourrissons, ainsi que d’oligoéléments et de certaines vitamines à usage parentéral également produites dans ce pays.

 

Cuba n’a toujours pas le droit d’acheter de nouveaux cytostatiques spécifiques, de production nord-américaine, utilisés dans le traitement de certaines maladies. L’accès à la littérature médicale, à des sites Internet créés pour faciliter le libre échange d’informations et de logiciels indispensables au travail de modélisation et de simulation scientifiques permettant la visualisation des systèmes d’imagerie médicale de pointe utilisés dans le diagnostic de maladies lui est systématiquement refusé.

 

De mars 2011 à mars 2012, les préjudices au secteur de l’alimentation ont été évalués à 131 572 967 dollars. Ils sont dus au fait que Cuba doit acheter des aliments sur des marchés éloignés, d’où une augmentation des assurances et des frets, ainsi que des coûts additionnels d’emmagasinement, entre autres facteurs. Malgré la possibilité d’importer des produits agricoles et des aliments des États-Unis, il n’existe pas de relation commerciale dans ce domaine entre les deux pays. L’achat limité d’aliments reste soumis à des réglementations très strictes, sujettes à un mécanisme complexe de délivrance d’autorisations.

 

D’autres sphères n’échappent pas aux effets néfastes de cette politique vouée à l’échec, telles l’éducation, la culture et le sport – un domaine au prestige international –, le transport, la construction, les investissements, le secteur extérieur de l’économie ou la coopération internationale avec Cuba.

 

UNE NOUVELLE BATAILLE ÉTHIQUE ET MORALE À L’ONU

 

Depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a condamné le blocus imposé par les États-Unis à Cuba, avec une majorité chaque année plus importante, alors que la Maison-Blanche n’a cessé de renforcer cet instrument politique criminel qui n’a pas réussi à « faire plier par la faim et les maladies », la résistance et l’exemple de dignité et de souveraineté de la nation cubaine.

 

La prochaine réunion de l’Assemblée générale se tiendra le 13 novembre prochain pour se prononcer et voter la Résolution cubaine intitulée : Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis. Il ne fait pas de doute que le vote sera un nouveau coup de semonce pour les États-Unis, qui se trouvent complètement isolés sur cette question. En 2011, la Résolution présentée par l’île a reçu 186 votes en sa faveur, deux contre (États-Unis et Israel), et trois abstentions (Micronésie, Îles Marshall, et Palau)

 

De nouveau, la communauté internationale se prononcera contre cette politique impériale immorale et éthiquement inacceptable.