VENEZUELA: LA DROITE PARANOIAQUE
Abner Barrera
CES dernières semaines, les grands médias commerciaux de plusieurs pays d’Amérique latine ont intensifié leur campagne contre le candidat Hugo Chavez. L’approche des élections présidentielles au Venezuela, le 7 octobre, semble accroître le désespoir et l’angoisse de la droite réactionnaire. À Caracas, certains sont pris de panique, la totalité des sondages, y compris parmi les milieux sympathisants de Henrique Capriles, attestent que Hugo Chavez remporterait les élections avec une différence d’environ 20%.
Le slogan scandé dans les rues il y a quelques années : « Chavez ne s’en va pas ! », résonne une nouvelle fois, au Venezuela comme à l’étranger.
Comme un dernier recours, les ennemis de la Révolution bolivarienne avaient spéculé et misé sur la maladie de Chavez, claironnant à qui voulait l’entendre que le président ne pourrait probablement pas participer aux élections. Ils ont attendu de « bonnes » nouvelles de chaque diagnostic et de chaque traitement. Mais pendant tous ces mois, ils ont dû ravaler leur haine. Plusieurs journalistes en sont mêmes allés jusqu’à souhaiter la mort du leader bolivarien. Et certains médecins n’ont pas hésité à « prédire » qu’il ne lui restait que quelques jours à vivre. Aujourd’hui, en voyant Chavez, par tout temps, porté par les foules, ils deviennent paranoïaques. Ils ne savent que faire. Ils ont pratiquement joué toutes leurs cartes, et la manœuvre s’est retournée contre eux. Par exemple, le fait de prôner la mort du président a renforcé l’unité des partisans de Chavez dans la défense des programmes sociaux mis en œuvre par le Chef d’État.
Chacun sait que la campagne de la bourgeoisie vénézuélienne conduite par M. Capriles a été marquée par de nombreux coups bas contre le gouvernement bolivarien. Une campagne de discrédit basée sur des mensonges, des calomnies et des fausses promesses.
Toutes ces manœuvres se sont heurtées à un peuple qui a acquis davantage de culture politique et de participation démocratique. Ses ennemis n’ont plus affaire à un peuple que pouvaient manipuler et tromper à leur guise les Carlos Andrés Pérez, les Jaime Lusinchi, et les Rafael Calderas.
Le candidat de la droite a signé, sans le savoir, sa mort politique avec l’annonce, il y a quelques semaines, de son programme néolibéral – plus connu comme le paquetazo (gros paquet) –, qu’il s’est engagé à mettre en vigueur dans les 100 premiers jours de son gouvernement, s’il gagnait les élections.
Capriles a chanté les louanges de ces mesures, comme s’il s’agissait d’une nouveauté économique, en se gardant bien de préciser qu’il s’agit du même programme vétuste et obsolète que les gouvernements néolibéraux avaient appliqué à partir des années 90, et dont les effets avaient été catastrophiques pour la région.
Interrogé par la presse, Capriles n’a pas su donner d’explications. Il est à court d’arguments et ne fait que répéter tel un perroquet les consignes qui lui ont été données par ses mentors de l’oligarchie.
Soucieux de se présenter en politicien modéré, le candidat Henrique Capriles a expliqué que son gouvernement serait similaire à celui du Brésilien Lula da Silva, oubliant qu’il y a quelques mois l’ancien président du Brésil avait affirmé à Hugo Chavez : « Ta victoire sera la nôtre ».
Tombé en disgrâce et ayant perdu beaucoup de ses appuis – certains partis politiques lui ont retiré leur soutien –, Capriles continue d’être promu à grand fracas par la machine médiatique, pour qui tous les coups sont permis. La dictature médiatique au service de la bourgeoisie vénézuélienne est bien présente. Ainsi, une des principales chaînes internationales comme CNN a fait défiler sur son plateau des personnages tels que : Mario Vargas Llosa, Andrés Oppenheimer, Alvaro Uribe (quelqu’un devrait lui rappeler qu’il n’est plus président de la Colombie), et Carlos Alberto Montaner, entre autres. La cerise sur le gâteau serait d’inviter le terroriste Luis Posada Carriles pour un débat en direct avec Janiot et Del Rincon !
Il n’y a pas une seule émission de CNN en espagnol qui ne dénigre Chavez, tout en faisant l’éloge de Capriles. Où sont donc l’impartialité et l’objectivité de CNN ?
Il n’y a pas longtemps, cette même chaîne a diffusé une simulation d’interview au cours de laquelle Henrique Capriles répondait aux questions du journaliste Andrés Oppenheimer :
« Candidat Capriles, il y a quelques semaines, Carlos Alberto Montaner, l’un des chroniqueurs et écrivains les plus connus et reconnus d’Amérique latine, a publié une rubrique intitulée Le piège qui menace le Venezuela, où il cite un conseiller politique vénézuélien expliquant qu’il y a au moins deux millions d’électeurs virtuels, inexistants sur les registres électoraux, et qu’en conséquence le gouvernement, selon lui, peut les distribuer à sa guise dans la soirée des élections. Est-ce vrai ? Y a-t-il lieu de craindre une fraude électronique ? ».
En voilà une manière de faire du journalisme !
Juste trois observations sur les points suivants : Premièrement, on cite Carlos Alberto Montaner, discrédité par ses liens avec la CIA. Deuxièmement, chacun sait que ce journaliste est réputé pour ses diffamations, ses mensonges et ses inventions (ses sources sont presque toujours « secrètes »). Troisièmement – comme en témoigne l’histoire latino-américaine –, chaque fois que les candidats de droite sentent que leur défaite est proche, ils basculent dans l’hystérie et crient à la fraude électorale.
Mais ils n’ont jamais pu le prouver. Il y a quelques semaines, faisant allusion aux prochaines élections au Venezuela, Vargas Llosa déclarait : « Si les élections sont libres, c’est l’opposition qui va l’emporter »…
Comme on peut le constater, la propagande de la droite est sans limites. Hugo Chavez les empêche de dormir. (Tiré de América Latina en Movimiento)